Des chercheurs ont mené une étude sur les personnes porteuses du covid-19. L’enquête portait essentiellement sur les éventuels facteurs déclencheurs de l’évolution de la maladie vers une forme sévère. Ils ont découvert un déficit protéique, un élément indispensable au système immunitaire et se traduisant par un syndrome de détresse respiratoire aigu.

Le coronavirus fait des milliers de morts à travers le globe. Pour en venir à bout, les chercheurs s'attèlent depuis des mois à trouver un traitement, en adéquation avec la complémentaire santé, et ce, afin de guérir les personnes atteintes. L'un de leurs principaux travaux concerne les formes graves, les scientifiques cherchant un moyen d'éviter que les malades évoluent vers ce stade critique. Et ils ont découvert que les patients atteints de cette forme sévère présentaient un déficit protéique dans le sang.

En effet, des équipes de l'Inserm et de l'APHP ainsi que celles de l'Institut Pasteur ont remarqué une augmentation du niveau de cytokines chez les malades, qui semble être le facteur déclencheur de l'aggravation. Parallèlement à ce phénomène, on assiste aussi à une infiltration de neutrophiles et de monocytes dans les poumons, provoquant des lésions pulmonaires et le syndrome de détresse respiratoire aigu.

Un déficit protéique à l'origine de l'évolution de la maladie

Le postulat de base des scientifiques était qu'une production excessive d'interférons (IFN) de type 1 était le signe que le malade était en train de migrer vers la forme sévère du covid-19. L'IFN étant déjà connu comme un marqueur de la réponse immunitaire à de nombreuses pathologies pulmonaires. Mais les recherches ont également montré que cette prolifération était couplée à une diminution de la production de protéines nécessaires au système immunitaire. Les chercheurs de l'Inserm en ont donc conclu :

Par conséquent, la déficience en IFN de type I pourrait être une signature des formes graves de la Covid-19 et pourrait permettre d'identifier une population à haut risque.

D'après ces résultats, les scientifiques songent à l'administration de corticoïdes et d'IFN-alpha comme traitement afin d'éviter aux patients de migrer vers une forme sévère, couplé à une thérapie anti-inflammatoire.


Selon une étude, 5 % des personnes atteintes du covid-19 développent une forme grave, caractérisée par une pneumonie qui évolue souvent en syndrome de détresse respiratoire aigu. Ces problèmes respiratoires constituent l'un des symptômes du coronavirus, mais à ce stade, elles ne sont pas encore à craindre. La forme aggravée n'apparait que 9 à 12 jours après.

D'autres pistes de recherches

Ces résultats sont prometteurs, mais on est encore loin d'un traitement permettant de soigner efficacement les malades atteints du coronavirus. D'autres recherches sont d'ailleurs en cours pour trouver le médicament apte à soigner cette maladie. Dans cette optique, l'OMS a lancé l'opération « Solidarité », visant à évaluer les traitements les plus prometteurs. Le Royaume-Uni a d'ailleurs déjà promulgué son programme « Recovery » qui compte à ce jour 5 000 patients participants.

La plupart de ces études se basent sur le sang des personnes ayant survécu ou ayant guéri de la maladie. C'est notamment le cas de nombreux instituts de recherches en France. Selon les scientifiques, il existe une probabilité que ces individus aient développé un anticorps spécifique au virus. Si tel est le cas, on pourrait ainsi mettre au point un vaccin.