En Afrique, le rapport aux soins évolue du fait de la mondialisation aussi bien pour les populations que pour les professionnels de santé. De plus en plus exigeants, les patients aspirent à se voir accorder des services de soins adaptés à leurs besoins. C’est ce que constate Yannick Jaffré, qui dirige les opérations de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

Des mutations sociales sont observées dans le secteur de la santé, d’autant plus que la profession médicale conçoit une nouvelle approche du patient, notamment des enfants malades. Désormais, les populations ne perçoivent plus les médecins comme étant des professionnels envers qui ils ont intérêt à se soumettre, comme l’indique Yannick Jaffré. Cet anthropologue a fait de l’étude du système de santé dans le continent africain sa spécialité.

Cet expert estime que l’amélioration de la prise en charge des enfants doit passer par l’évolution des conditions de travail des soignants. Il reste à savoir si les indicateurs sur la malnutrition et la mortalité maternelle s’amélioreront en conséquence.


Évolution de la prise en charge des enfants et des adolescents ?

Paludisme, diarrhée, malnutrition... telles sont les pathologies qui tuaient les enfants transportés à l’hôpital y a quelques années. Ils mourraient rapidement, ce qui ne laissaient pas aux professionnels de santé la possibilité de créer des affinités avec ces patients et encore moins de gérer leur décès.

Actuellement la situation est toute autre, même si le niveau de mortalité infantile est encore significatif. Si le bien-être des enfants prévaut désormais dans la conscience collective, le personnel médical accorde une importance particulière à leur requête. D’ailleurs, ceux qui exercent en pédiatrie comptent parmi les premiers à revendiquer une amélioration de la qualité des soins dispensés. Les enfants mourants bénéficient-ils d’un meilleur accompagnement en hôpital ? Après avoir analysé la demande en termes de qualité de prise en charge, Yannick Jaffré affirme que l’acte thérapeutique doit être redéfini.

Équiper les professionnels de santé pour une meilleure qualité des soins

Ceux qui exercent en pédiatrie révèlent qu’ils consultent leurs patients dans un environnement précaire, sachant que les médicaments sont insuffisants, tout comme les équipements. Par exemple, chez certains professionnels, l’examen au scanner n’est pas disponible. De plus, les praticiens sont confrontés à une pénurie de personnel. S’agissant des conditions d’accès aux soins, elles sont influencées par des facteurs socio-économiques. Quoi qu’il en soit, les dépenses de santé non remboursées par l’Assurance Maladie peuvent être prises en charge par une mutuelle, de manière partielle ou totale.

Les ressources manquent également en oncologie. De plus, Yannick Jaffré estime que les équipes médicales devraient suivre quelques formations relatives au traitement de la douleur. Elles peuvent par exemple concerner l’administration de la morphine. Seront-elles mises en exergue dans les cursus universitaires ?