Pour promouvoir le parcours de soins ordonnés, disposer d’un médecin traitant et le déclarer auprès de la Sécu est indispensable. Cela permet de profiter pleinement de la prise en charge des dépenses en matière de soins. Quoique ce ne soit pas toujours évident, et ce n’est toujours pas faute d’avoir essayé d’en trouver un disponible. Une situation que la CNAM tente aujourd’hui de reconsidérer.

Se faire consulter par un médecin qui connaît déjà le patient et gère son dossier médical présente un double avantage. D'abord, cela garantit un suivi adapté à l'état de santé de celui-ci, non seulement en termes de prévention, mais surtout en matière de traitement. Ce parcours permet également à l'assuré de bénéficier d'un meilleur remboursement de la part de l'Assurance maladie.

Force est pourtant de constater qu'aujourd'hui, l'on compte encore plus de cinq millions de Français à n'avoir pas de généraliste attitré. À savoir, la moitié d'entre eux sont à la recherche du leur. Consciente de ces efforts, la branche santé de la Sécurité sociale a décidé de procéder à certaines dérogations.

Plus de cinq millions de Français n'ont pas de médecin traitant

La pénurie de professionnels soignants sévit en France, les médecins généralistes notamment sont de moins en moins nombreux à exercer, notamment dans certaines localités éloignées, causant des déserts médicaux fort alarmants. Tandis que ceux en activité sont surchargés de dossiers si bien qu'ils refusent d'ajouter de nouveaux patients dans leur liste.


Ce sont alors 5,4 millions de Français qui n'ont pas de médecin traitant déclaré. Une situation qui joue nettement en leur défaveur puisqu'ils se retrouvent pénalisés au moment de demander le remboursement de leurs dépenses en soins auprès de l'Assurance maladie.

Certes, souscrire une mutuelle santé est, dans ce cas, une alternative efficace, mais il faut reconnaître que la prise en charge de la Sécu demeure néanmoins importante.

Il se trouve que les frais de consultation prodiguée par un médecin traitant attitré sont remboursés à hauteur de 70% (montant de base). À défaut de cela, seuls 30% des dépenses seront reversées. Il en est de même pour la consultation directe d'un spécialiste en cardiologie ou dermatologie. Font exception à cette règle, les patients de moins de 16 ans ainsi que certains soins spécifiques, comme :

  • Ceux afférents à la gynécologie ;
  • À l'ophtalmologie ;
  • À la stomatologie ;
  • À la psychiatrie et à la neuropsychiatrie.

Une solution pour aider les assurés à faire face à la pénurie de médecins

La pénalisation des assurés sans médecin traitant va être désormais révolue, d'après la récente décision de l'Assurance maladie. Du moins, celle-ci s'adresse aux patients endurant actuellement la pénurie de médecins.

Car outre les jeunes, au mieux de leur forme, qui n'ont pour le moment aucune raison de trouver un praticien pour suivre leur état de santé, bon nombre des personnes concernées sont pénalisées suite au départ à la retraite de leur généraliste, à un moment donné. C'est d'ailleurs, ce qu'a relevé Nicolas Revel, directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), lorsqu'il a été interviewé par la revue spécialisée Le Généraliste. Selon lui :

Plus de la moitié de nos concitoyens sans médecin traitant sont en recherche réelle d'un praticien attitré, faute souvent d'avoir pu en trouver un au moment du départ à la retraite de leur généraliste.

Un nouveau dispositif sera alors mis en place par l'organisme, s'adressant uniquement à :

Ces patients qui ont perdu leur médecin traitant, ou nous disent en chercher un, soient identifiés et que leur consultation soit bien remboursée sans application de pénalité.

Aussi, ceux qui ne sont pas à même d'apporter la preuve d'avoir perdu son médecin traitant ou d'être à la recherche de son praticien attitré encourent-ils toujours les mêmes pénalités.