La crise sanitaire qui accompagne la pandémie du Covid-19 se traduit aussi par une chute considérable des dépenses liées à la santé, comme les Français se sont rarement rendus chez leur médecin par peur de la contamination. En revanche, les indemnités journalières pour arrêt maladie ont drastiquement explosé ces dernières semaines.

La période de confinement en France a été marquée par de nombreux changements, notamment en matière d'assurance maladie. Il se trouve, en effet, que le taux d'indemnité journalière pour congé maladie a nettement augmenté chez les salariés. Et pourtant, le nombre de consultations chez un médecin généraliste ou un spécialiste a beaucoup chuté en mars-avril.

Une contradiction qui met en évidence, encore une fois, la crainte omniprésente de cette pandémie redoutable du coronavirus qui a déjà fait plus de 28 000 morts en France et des centaines de milliers d'autres à travers le monde. Quelles sont les conséquences de cette tendance auprès des professionnels de la santé ?

Les consultations se font de plus en plus rares durant le confinement

Les associations des professionnels de la santé ont annoncé récemment que la période du confinement n'a pas été sans conséquence pour leurs activités. L'assurance santé a, en effet, subi une lourde chute des apports à cause de la baisse des dépenses liées à la santé des citoyens. Si tous s'attendaient à ce que les cabinets médicaux soient inondés de patients paniqués, il s'est avéré qu'au contraire, ils ont décidé de se cloîtrer chez eux par crainte d'entrer en contact avec le virus dans ce genre d'endroit.


Il est à rappeler que les cabinets médicaux, les cliniques, les maternités, etc. n'étaient pas concernés par l'arrêt d'activité imposé. Ces professions ont continué, mais ont appliqué des mesures appropriées afin de protéger les patients et le personnel. Ils ont notamment privilégié les horaires de travail alterné et ont entamé le service minimum dans certains cas. Les équipements de protections des corps médicaux ont été renforcés et des séances de désinfection régulières ont été opérées.

Mais malgré cela, les patients évitaient de fréquenter les milieux hospitaliers et ont préféré reporter ou annuler certains rendez-vous. Résultat : les remboursements de la branche maladie de la Sécurité sociale ont reculé de 6,5% en avril par rapport à l'an dernier. En revanche, les dépenses pour les soins infirmiers, et les frais d'indemnités pour hospitalisations et arrêts de travail ont presque doublé. Grand nombre de ses hospitalisations sont causées par la maladie du coronavirus.

Les professionnels de la santé les plus touchés

Parmi les professions qui ont dû faire face à un arrêt brutal, les dentistes ont subi une chute de remboursement de 94% en avril. Les kinésithérapeutes quant à eux, ont vu leurs cabinets désertés avec une baisse de 80% en matière de budget santé. Les laboratoires de biologie médicale et les ambulanciers ne s'en sortent pas aussi terriblement avec une baisse de remboursement allant respectivement de -38% et -35%.

Les consultations chez les médecins spécialistes ont chuté de 53%, alors que les généralistes ont connu une baisse assez modérée de 28%, surtout dans les zones les moins touchées par le coronavirus. Mais ces derniers ont pu remonter la pente grâce aux téléconsultations qui ont gagné de l'ampleur durant le confinement. Enfin, les pharmacies ont baissé de plus de 10% en avril, après une phase d'achats en masse de la part des consommateurs en février et mars.