Certaines mutations du covid-19 ont une capacité de transmission très élevée et pourraient avoir développé une résistance aux vaccins. Elles pourraient ainsi entrainer une énième nouvelle vague de contaminations en France. Pour endiguer cette éventualité, Santé Publique France a imposé aux laboratoires français de procéder au criblage et au séquençage de tous les tests positifs au covid-19.

Le variant indien du covid-19, appelé également le variant delta, est en nette progression en France, bien que la situation épidémiologique continue de s'améliorer dans le pays. Mais la propagation de cette mutation est inquiétante, car elle serait 40 à 60 % plus transmissible que le variant britannique. De ce fait, elle pourrait entrainer une nouvelle vague de contaminations.

Pour éviter ce scénario catastrophe, Santé Publique a demandé à ce que l'ensemble des tests positifs au covid-19 fassent l'objet d'un criblage, comme le relaient des enseignes de comparatif mutuelle. Mais en dépit de cette consigne, il a été constaté au 25 juin dernier que seulement un peu moins de la moitié des tests effectués ont été passé au peigne fin. C'est du moins ce qu'a indiqué l'agence sanitaire.


Une proportion de tests criblés insuffisante

Le variant delta est en progression à l'intérieur des frontières de l'Hexagone. À la mi-juin, il ne représentait que 5 % des mutations enregistrées, mais aujourd'hui il en constituerait un peu plus de 10 %. La montée en charge de cette mutation est inquiétante, car elle possède une capacité de transmission significativement élevée et les scientifiques la soupçonnent d'être résistante aux vaccins.

Au Royaume-Uni, la propagation du variant delta a entrainé le report de la levée des restrictions sanitaires. En France, la montée en puissance de cette mutation pourrait également stopper le processus de déconfinement progressif. Un nouveau cantonnement n'est pas non plus à exclure.

Pour éviter ce scénario, les laboratoires français ont reçu comme consigne d'effectuer des criblages sur l'ensemble des tests positifs au covid-19. Mais actuellement, seuls 45,2 % de ces tests font l'objet d'un criblage. Pour l'heure, Santé Publique France ne saurait en expliquer la raison, mais il est probable que cela est dû à un manque de matériels. L'agence sanitaire devrait prochainement demander une explication aux laboratoires et continue de les demander à faire ces analyses. Jusqu'à maintenant, ces opérations ont permis de détecter trois mutations considérées comme préoccupantes.

Trois mutations particulièrement inquiétantes

Hormis le passage au crible, il a aussi été demandé aux laboratoires d'effectuer des séquençages. Ces enquêtes flash révèlent que le variant alpha reste majoritaire en France à 81,9 %. Mais il semble perdre du terrain. En effet, à fin mai, ce taux se montait à 86,3 %. Les dernières enquêtes flash révèlent également que le variant delta a été retrouvé dans 7 % des échantillons, contre 0,8 % lors de la précédente étude. Le variant sud-africain et brésilien constituent 10,4 % des mutations détectées.


Les derniers criblages réalisés montrent aussi que 10,5 % des variants portaient la mutation L452R, correspondant majoritairement au variant indien du covid-19. Concernant les mutations E484K et E484Q, ils ont été retrouvés respectivement dans 16,9 % et 0,9 % des tests effectués. Ces trois mutations sont particulièrement observées par les scientifiques, car ils sont plus transmissibles et peuvent rapidement entrainer le développement d'une forme sévère du coronavirus.

Les résultats des premières recherches sur ces trois mutations semblent également suggérer qu'elles sont résistantes aux injections anti-covid. Mais pour l'heure, les scientifiques n'en sont pas encore totalement convaincus. Mais si cette information est avérée, cela pourrait profondément chambouler la lutte contre la pandémie.