Vers mi-mars, la HAS a publié un avis sur le recours aux autotests antigéniques nasaux. Par la suite, le gouvernement a autorisé leur vente, et ce, uniquement en pharmacie. Les supermarchés devront attendre le marquage CE des produits avant de prétendre au même droit. Concernant le public visé, il reste relativement restreint pour l’instant.

Remboursés intégralement par la Sécurité sociale (sous certaines conditions), les autotests de dépistage du Covid ne pourront être distribués qu'en officine. En effet, le ministère de la Santé a promis son approbation le 26 mars dernier, bien que celle-ci soit seulement dérogatoire.

Pour cause, le dispositif médical ne respecte pas toutes les conditions nécessaires pour sa mise sur le marché. Pareillement, il n'offre pas toutes les garanties de sûreté exigées pour cette opération. Dans ce contexte, aucun autotest n'a jusqu'à présent reçu le label CE. Pour rappel, la Haute autorité de santé (HAS) a recommandé l'utilisation de ces tests depuis mi-mars.


Pour une meilleure conduite de la campagne gouvernementale

D'après le ministère, les autorisations exceptionnelles permettront aux fabricants de finaliser la procédure de marquage CE de leur produit. C'est seulement après cette étape que les supermarchés pourront éventuellement vendre le dispositif médical. Ce choix vise à ne pas compromettre l'identification des chaînes de contamination.

Il faut savoir que les tests à réaliser soi-même se révèlent moins efficaces que les variantes effectuées par les professionnels. Par conséquent, ils ne permettent pas l'inscription des résultats dans la base de données du contact tracing. Et en cas d'infection avérée, certains patients autotestés pourraient omettre de faire un test PCR. Un dispositif qui, faut-il le rappeler, est pris en charge par la mutuelle santé.

Face à cette situation, Carrefour, qui a commandé un million d'autotests antigéniques, a fait part de sa déception :

Nos tests ont le marquage CE pour un usage professionnel, nous pensions qu'ils seraient autorisés en tant qu'autotests.

Trois catégories de populations ciblées

Concernant la stratégie de mise en vente, le gouvernement adoptera une approche à la fois ciblée et progressive. Le ministère explique qu'il s'est inspiré du modèle britannique pour instaurer une campagne de dépistage itératif contrôlé par l'État. Une répétition, jusqu'à deux fois par semaine, a dès lors été envisagée. Selon ses justifications, le département souhaite :

[…] Lancer la machine pour vérifier qu'elle fonctionne bien.

Dans cette optique, le public concerné se résume pour l'instant à trois groupes :

  • Certaines populations fortement exposées au virus (auxiliaires de vie, travailleurs sociaux…);
  • Les jeunes de 15 ans et plus;
  • Les régions éloignées des soins (DOM-TOM entre autres).

Cependant, le ministère n'écarte pas la possibilité qu'un public plus élargi accède aux autotests. Certaines personnes pourront s'en procurer de manière ponctuelle, sans possibilité de remboursement.