L’assurance est un secteur qui a été durement frappé par la pandémie de coronavirus. Logiquement, les pertes ont été considérables et la réalisation a chuté ces deux dernières années. Face à une situation qui revient peu à peu à la normale, les sociétés de garantie de couverture n’écartent pas la possibilité de recourir à une révision des frais.

Afin d'améliorer leur rentabilité, les sociétés d'assurance, les groupes mutualistes et les établissements de prévoyance s'apprêtent actuellement à étudier l'augmentation des tarifs liés aux prises en charge proposés pour l'année prochaine. Cette résolution leur accorderait le redressement de leur résultat, bouleversé par l'arrivée de la pandémie de coronavirus dans l'Hexagone.

Pour les clients, ce sera une mauvaise nouvelle d'autant plus avec les autres abonnements à leur charge. Quant aux prospects, nombreux seront certainement forcés à revenir sur leur chemin quant à la souscription à une police d'assurance. La nouvelle a été très échangée sur les sites spécialisés en mutuelle familiale. Les avis de l'autorité réglementaire ainsi que de l'État sont aussi attendus à cet effet.


Couvrir les dépenses pour améliorer le résultat

Le gouvernement l'a fait savoir en septembre dernier. Il n'y aura pas de hausse pour la taxe covid. En revanche, ce dernier demande en échange l'application des complémentaires santé aux groupes mutualistes. Ce qui fait que ces enseignes seront libérées du versement d'une somme s'élevant à 1,5 milliard d'euros à l'État. Ce dispositif a été imposé par le gouvernement l'année dernière, alors qu'une grande part de la population s'est privée de la prise en charge sanitaire. Ce qui les a entraînés à ne pas recourir au remboursement des soins.

Le gouvernement s'est bien fait entendre par les sociétés d'assurances et des mutuelles. À l'instar de Matmut, l'établissement a décidé de ne pas réviser son tarif jusqu'à la fin de l'année prochaine. Dans le journal le Parisien, le directeur général de la société, Nicolas Gomart a fait savoir que :

Cette disposition s'avère nécessaire dans un contexte encore difficile pour beaucoup de nous concitoyens.

Cependant, les autres enseignes n'ont pas encore réagi face à cet appel du gouvernement. À cet effet, l'augmentation des tarifs de ces dernières est une hypothèse qui n'est pas à écarter. D'ailleurs, les dépenses liées à la santé ont fait l'effet d'un boum depuis l'entame de cette année étant donné que la consommation a nettement augmenté. Pour le cas de la Mutualité française, la firme a fait savoir que les sommes versées pour les organismes complémentaires ont connu une augmentation à hauteur de 1,5 milliard d'euros soit une hausse de 9%. En ce qui concerne Harmonie Mutuelle, les recettes ont même été devancées. La directrice générale de l'établissement, Catherine Touvrey a expliqué que :

Sur 2020 et 2021, le complément de dépenses est supérieur à l'économie réalisée qui avait justifié la mise en place de la taxe Covid.

Le dispositif 100% Santé alourdit les charges

Comme si l'augmentation de la consommation ne suffisait pas, les groupes mutualistes ont aussi été victime du lancement du dispositif 100% santé. Parce que certes ce dernier s'est avéré avantageux dans certains domaines, mais en revanche, il n'a fait qu'alourdir les charges des établissements selon Catherine Touvrey indiquant que :

Sur ce poste, nous anticipions un taux de 20% de recours au panier A, alors qu'on est à 5% chez Harmonie Mutuelle. (…) L'impact du 100% santé est nettement plus lourd, avec un surcoût observé au premier semestre 2021 de 26 millions d'euros en raison d'une moindre économie en optique.

Ainsi, la révision de tarif prévue par les assureurs, les mutuelles et les établissements de prévoyance semblent être incontournables. D'ailleurs, certaines enseignes envisagent déjà le taux d'augmentation des complémentaires de santé.