Dès les premiers jours suivant la résurgence des cas de contamination, les autorités ont décrété la fermeture des gymnases et des salles de sport aux publics. Les personnes bénéficiant d’une ordonnance d’activité physique adaptée étaient également concernées. Une levée de boucliers du collectif France sport santé a toutefois poussé le ministère à revenir sur sa décision.

Les personnes souffrant d'affections de longue durée obtiennent souvent une prescription médicale d'activité physique adaptée ou APA dans le cadre de leur traitement. Les malades du diabète et les sujets exposés aux maladies cardiovasculaires, entre autres, sont particulièrement concernés par ce programme. Pourtant, la crise sanitaire a failli leur priver de ce précieux traitement par le sport pendant plusieurs mois, après l'annonce de la fermeture aux publics de toutes les salles et gymnases.

Ce décret a fait réagir les professionnels de l'APA et du collectif France Sport Santé, lesquels n'ont pas manqué de souligner l'importance de la pratique sportive dans le parcours de soins de plusieurs patients.


Les enjeux du sport santé en période de crise sanitaire

Les gymnases et les salles de sport ne figurent pas parmi les établissements autorisés à ouvrir au grand public pendant le reconfinement. Seules les sociétés sportives habilitées à accueillir des personnes bénéficiant d'une prescription d'APA, un soin couvert par certains contrats de mutuelle santé, peuvent poursuivre leurs activités et servir ces malades qui souffrent généralement d'affections de longue durée.

Les conditions d'ouverture sont toutefois strictes : seuls les établissements disposant d'un soignant diplômé et habilité à conduire un protocole de soins par la pratique sportive peuvent ouvrir. L'accès à ces salles de sport, en période de crise, n'est pas possible pour n'importe quel individu muni d'un certificat en prévision du risque médical.

Ces soins par une activité physique adaptée sont réservés aux personnes bénéficiant d'une prescription médicale, non pas pour éliminer le surplus de poids dû au confinement, mais pour traiter leur affection longue durée ou prévenir les risques avérés de maladies cardiovasculaires. Patrick Bacquaert, médecin-chef de l'IRBMS, dans la région Hauts-de-France, estime que ces ordonnances médicales de sport santé représentent un enjeu de société majeur. Selon lui, elles pourraient faire économiser 4 milliards d'euros à la Sécurité sociale.

Un début de reconnaissance des pouvoirs publics

Cette exception n'aurait pas pu être accordée sans une vive réaction des professionnels du sport santé face aux arrêtés préfectoraux interdisant l'ouverture à tous les publics des salles de sport. Le collectif France sport santé et les professionnels de l'APA se sont montrés particulièrement convaincants, soulignant l'importance de la pratique sportive dans les parcours de soins de plusieurs malades.


Selon eux, ces traitements ne doivent pas être interrompus, surtout en période de Covid-19, une maladie face à laquelle ces patients sont vulnérables. Leurs arguments semblent avoir convaincu le ministère, qui classe les bénéficiaires d'une prescription d'APA parmi les publics prioritaires autorisés à poursuivre leurs traitements pendant la crise sanitaire.

Même si le nombre de structures pouvant proposer des soins par la pratique sportive reste limité, le volte-face des pouvoirs publics témoigne d'un début de reconnaissance du poids du sport santé dans la prise en charge des personnes souffrant d'obésité ou exposées à des risques cardiovasculaires.