Les lésions hépatiques apparaissent souvent chez les personnes suivant un mode de vie un peu trop risqué (consommation excessive d’alcool, de médicaments, voire de drogues récréatives). Mais le risque est plus élevé pour les sujets séropositifs qui doivent en permanence prendre des antirétroviraux. Alors qu’à l’heure actuelle, aucun remède n’existe encore sauf de changer de traitement. Une donne qui va bientôt changer grâce à la tésamoréline.

Le Syndrome d’immunodéficience acquise, connu plus communément sous son acronyme SIDA, fait partie des maladies contre lesquelles la lutte se trouve au centre des préoccupations des dirigeants mondiaux. Les recherches et les financements y afférents sont, de ce fait, fortement stimulés actuellement.

Dernièrement, l’annonce de la possibilité de soigner désormais la stéatose hépatique non alcoolique, dont souffrent 25% des individus déclarés séropositifs et qui peut être à terme mortelle, a jeté une lueur espoir sur les concernés. Ce qui n’aurait été possible sans la découverte des vertus de la tésamoréline, un type de molécule qui stimule le cerveau afin de produire une hormone de croissance.


À noter que cette grande avancée médicale pourrait aussi s’étendre, dans le futur, sur d’autres patients souffrant de troubles du foie qui n’ont pas forcément contracté le VIH.

Un miracle nommé Tésamoréline

Le sida est sans aucun doute une maladie mondialement reconnue et dont tout le monde doit se sentir concerné du fait de son mode de transmission et ses effets dévastateurs sur l’organisme humain. En effet, 1,7 million de personnes ont été infectées par le virus responsable de cette affection, le VIH, rien que l’année dernière.

Et alors que le nombre de décès y afférents a nettement chuté en l’espace d’une décennie (de plus de 30%), les 770 000 décédées sur toute la planète en 2018 paraît quand même énorme, soit près de 2% de la totalité des individus contaminés (37,9 millions). Il faut dire que leur état favorise le développement d’autres affections, mais que les traitements sont pris en charge par les mutuelles.

25% des séropositifs souffrent de la stéatose hépatique non alcoolique. Un trouble du foie se caractérisant par une surcharge en graisse au niveau de l’organe. Une maladie chronique qui, faute de pouvoir trouver un remède, risque d’évoluer en cancer. Une bonne raison, entre autres, pour les scientifiques d’accélérer leurs progrès tant dans la connaissance de cette forme d’immunodéficience que dans les recherches thérapeutiques.


Ainsi, la date du 11 octobre 2019 est à marquer dans les annales en raison de la publication dans The Lancet HIV des résultats d’une étude, menée par des chercheurs américains du National Institute of Allergy and Infectious Disases. Celle-ci annonce, en effet, l’efficacité de la tésamoréline dans son traitement contre les troubles hépatiques chez les séropositifs.

À savoir, ce médicament servait déjà à traiter les complications découlant de l'infection par le VIH. En outre, l’on peut dire que le traitement est d’une efficacité inédite puisque plus d’un tiers des personnes soignées (35%) ont recouvré l’état normal de leur foie au bout de douze mois de thérapie, contre 4% seulement chez les patients à qui ont été administrés du placebo.

Le financement des recherches thérapeutiques explose

Le jeudi 10 octobre dernier s’est tenu à Lyon la récolte du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour les trois prochaines années. Trois maladies qui se trouvent dans le viseur de tous les dirigeants de la planète.

Et force est d’admettre que l’opération s’est soldée en succès, car l’objectif initial a été atteint haut la main : 12,7 milliards d’euros collectés, soit l’équivalent de 14 milliards de dollars. Le communiqué du Global Fund est d’ailleurs écrit noir sur blanc :

« Lors d'une manifestation sans précédent de solidarité mondiale, les donateurs présents à la sixième conférence sur la reconstitution des ressources @ GlobalFund ont annoncé une contribution de 14,02 milliards USD pour les trois prochaines années - le montant le plus important jamais collecté pour une organisation de santé multilatérale ».

L’argent servira de coup de pouce aux traitements en faveur de la lutte contre les trois affections susmentionnées. D’ailleurs, les chercheurs voient déjà loin en ce qui concerne la thérapie de la « maladie du foie gras » par la tésamoréline. Selon eux, en effet :

« D’autres recherches devraient nous informer sur les possibles bénéfices à long terme de cette technique et permettre de développer des formules qui pourraient aider toutes les personnes atteintes de maladies du foie, quel que soit leur état sérologique ».