Le système suisse de remboursement des soins de santé pénalise les patients

Le système de santé suisse veut que le remboursement des frais médicaux soit réparti entre les compagnies d’assurance, le canton et l’assuré. Toutefois, force est de constater que ce mécanisme tend à pénaliser davantage les patients puisqu’il permet parfois aux organismes de prise en charge de se défaire de leurs obligations sans pour autant en être inquiétés.

Ces derniers ont en effet trouvé des parades pour refuser de payer les coûts liés à certains traitements en misant sur la législation. Ce qui ne manque pas de se répercuter sur le portefeuille des patients qui voient leur reste à charge augmenter considérablement.


Le refus de remboursement est courant en Suisse

En Suisse, le refus de remboursement est courant auprès des organismes d’assurance qui, en pratique, se doivent de prendre en charge 45% des frais médicaux des assurés. Pareille situation en ce qui concerne la caisse d’assurance maladie de chaque canton qui se doit de régler les 55% restants.

En misant sur les dispositifs régissant le système, ces derniers peuvent en effet se défaire de leur obligation notamment en ce qui concerne les soins onéreux. C’est du moins ce que prévoit l’article 32 al. 1 LAMa1 en précisant que :

« Seules les prestations qui sont efficaces, appropriées et économiques sont à la charge de l’assurance obligatoire des soins ».

Soit, une situation qui a permis à un expert du domaine d’affirmer que :

« Il existe effectivement une médecine à deux vitesses en Suisse, mais dans l’assurance de base, chacun reçoit tout ce dont il a besoin ».

Et il faut dire que l’articles 56 al. 2 LAMa1 ne fait qu’appuyer ces dires en soutenant que :

« La rémunération des prestations qui dépasse cette limite peut être refusée ».

Les patients en payent le prix fort

À travers ces articles, l’on pourrait affirmer que les cantons ainsi que les assureurs ont trouvé un moyen de mettre la législation de leur côté. Et il faut dire que cette longueur d’avance ne leur suffit pas si l’on tient compte du fait qu’ils usent de tous les moyens nécessaires pour ne pas rembourser ou réduire leur part. À Gérard Villarejo d’y apporter plus de précision :

« En pratique, on distingue entre les soins (remboursés par l’assurance) et l’aide (non payée). Les assurances pratiquent une véritable traque à l’aide par une fouille minutieuse du dossier de soins afin de justifier le cas échéant une baisse du remboursement des factures ».

Ces établissements ne sont pas les seuls à s’y mettre puisque les responsables cantonniers aussi font de leur mieux pour ne pas payer l’ensemble des traitements et laisser entre les mains des patients un reste à charge non négligeable de 8 à 15 francs par jour. Soit, une situation qui a conduit ce président de l’association des infirmiers et infirmières indépendants du pays d’imaginer le pire en faisant valoir que :

« Des personnes âgées peuvent renoncer à des soins parce qu’ils sont trop chers ».

Et avec la mise en place d’un nouveau dispositif qui devrait prendre effet dès janvier 2020, la situation risque d’empirer puisque le budget alloué aux cantons pour faire face à ce type de besoin sera amoindri de 3,6%. Du moins, en ce qui concerne les soins liés aux aides à domicile et aux prestations effectuées par les infirmiers.