Parmi les programmes phares du gouvernement figurait le « 100 % santé », un dispositif qui garantit aux assurés un reste à charge zéro sur les soins prodigués par les opticiens, les audioprothésistes et les dentistes. Cette initiative présentait comme risque la hausse des tarifs des complémentaires santé ; un risque qui est devenu réalité et dénoncé par UFC-Que Choisir.

Un engagement non tenu

Avec le 100 % santé, les frais de soins non remboursés par l’assurance maladie sont pris en charge par les organismes de complémentaires santé. Une fois le dispositif en vigueur, ces derniers devaient donc trouver des ressources supplémentaires pour faire y faire face. La manière la plus évidente est la hausse des cotisations mensuelles.

Par la voix de la Mutualité Française, les organismes de complémentaires santé s’étaient engagés à procéder à une hausse raisonnable afin de ne pas pénaliser les assurés. Il était alors question d’une augmentation ne dépassant pas les +3 %.

Mais après une enquête menée par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, il apparait que certains des organismes n’ont pas tenu leur engagement et ont augmenté leur tarif de plus de +10 %.


C’est le cas de Swiss Life qui a opéré une majoration de +12 % et Apicil qui a enregistré une progression de +10,7 %.

La seule à être restée en dessous des 3 % de hausse est la Macif (avec +2,7 %), un témoignage de bonne volonté qui n’est félicité qu’à moitié par l’association de défense des consommateurs puisque la mutuelle avait, au préalable, annoncé que ces tarifs ne bougeraient pas en 2020.

Les organismes de complémentaires santé contestent l’enquête

En guise de réponse à l’association de consommateurs, les organismes mettent en doute la crédibilité de l’enquête menée par cette dernière. Selon eux, les chiffres récoltés sont erronés. De son côté, la Mutualité française a également diligenté une étude sur les barèmes pratiqués par les divers organismes en 2020 et il en est ressorti que les tarifs n’ont observé qu’une hausse moyenne de +2,9 %.

La Mutualité française tient à mettre en exergue l’effort fourni par les organismes pour rester sous la barre des +3 % promis alors que le dispositif « 100 % santé » aurait nécessité au moins une augmentation des tarifs de l’ordre de +5 % ou plus.