Les téléphones mobiles des professionnels de santé représentent un danger pour les patients

En France, près d’un million d’individus sont infectés chaque année par des infections nosocomiales généralement contractées dans un établissement de santé suite à un contact avec un individu porteur de germe ou avec des objets contaminés.

Dans ce sens, des chercheurs l’Université Western de São Paulo a profité de l’évènement annuel baptisé « American Society of Microbiology » qui s’est déroulé à San Francisco en juin dernier pour faire valoir que les téléphones portables des professionnels de santé sont des « réservoirs à microbes ». Ces derniers ont même tenu à souligner que la majorité des microorganismes détectés sont à l’origine des pestilences susmentionnées.


Un réservoir à microbes ambulant

D’après les chercheurs de l’Université Western de São Paulo, les téléphones portables des professionnels de santé représentent un danger supplémentaire pour les patients. En concentrant leurs études sur une centaine de ces appareils appartenant à des étudiants dans ce secteur, ces derniers ont en effet détecté la présence de différents microorganismes pathogènes.

Cette étude a en effet mis en exergue toutes sortes de bactéries isolées dont la moitié (50%) est capable d’adhérer aux surfaces et un plus grand nombre (85%) est résistant à l’antibiotique (pénicilline).

Mais le plus inquiétant est l’existence du staphylocoque doré sur 40% de ces outils de communication. Ceux à l’origine de près de 16% des cas d’infections nosocomiales comme :

  • Les infections cutanées telles que le furoncle, la folliculite, le panaris, l’impétigo, ou l’abcès mammaires ; 
  • L’ostéomyélite ; 
  • L’endocardite ; 
  • Les infections de la sphère ORL comme la conjonctivite, l’otite et la pneumonie ; 
  • La septicémie ; 
  • Le syndrome du choc toxique.

Un incident indemnisé

Les infections nosocomiales touchent chaque année entre 700 000 et 1 000 000 d’individus sur l’ensemble du territoire. Et avec la montée en scène des portables des professionnels de santés, la situation risque de s’aggraver. À noter cependant que 20 à 30% des contaminations seraient évitables à travers des normes d’hygiène très strictes. Le principal élément de lutte outre la souscription à une mutuelle santé qui prend en charge les frais médicaux dans le sens où l’assuré est contaminé.


Quoi qu’il en soit, les patients victimes de ce genre d’incident en milieu de soins (cliniques, hôpitaux…) ont droit à une indemnisation si l’on croit la loi Kouchner du 4 mars 2002 relative à la qualité du système de santé et des droits des malades.

Toutefois, il faut préciser que ce dispositif ne concerne que ceux qui répondent à des critères prédéfinis. Ces derniers pourront alors obtenir réparation auprès de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM). Et ce, dans l’optique où il ne s’agit pas d’un aléa thérapeutique. Dans le cas contraire, ce serait à la compagnie d’assurance du responsable du sinistre de prendre en charge les remboursements.

Pour les autres, notamment ceux qui ne sont pas affiliés à une assurance santé ou à un organisme complémentaire, le recours à un contentieux devant les tribunaux est toujours envisageable bien que cette option puisse s’avérer coûteuse et de longue haleine.