L'insuffisance cardiaque est actuellement considérée comme la principale cause d’hospitalisation des adultes en France. Chaque année, les professionnels de santé recensent environ 120 000 nouveaux cas et près de 70 000 décès liés à cette pathologie. La télésurveillance permet ainsi d’améliorer l’efficacité du personnel médical dans le suivi des nombreux patients touchés par cette maladie.

L’insuffisance cardiaque englobe les différents symptômes apparaissant lorsque le cœur a du mal à remplir son rôle naturel de pompe. Selon les spécialistes, il s’agit de l’évolution possible de la grande majorité des pathologies cardiaques. Elle peut ainsi être déclenchée par un infarctus, une maladie génétique affectant le cœur, une hypertension artérielle, etc.

Provoquées par une maladie cardiaque en amont, les défaillances du cœur entraînent le plus souvent l’apparition de signes visibles chez les patients. L’insuffisance cardiaque est notamment caractérisée par l’essoufflement, la fatigue, la prise de poids et l’apparition d’œdèmes. Dès la détection des premiers symptômes, le malade a besoin d’une prise en charge adaptée pour éviter les complications.


Un dispositif pour anticiper la réhospitalisation du patient

L’AP-HM (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille) a mis en place un programme de télésurveillance pour réduire le nombre de réhospitalisations liées à l’insuffisance cardiaque et améliorer la prise en charge des patients.

Ce service innovant a notamment été déployé au sein de l’hôpital de la Timone et de l’hôpital Nord. Dès le début, le projet a été porté par les professeurs Frédéric Francheschi et Franck Thuny ainsi que le docteur Michael Peyrol.

Le programme Follow Heart repose sur un outil connecté et performant dédié à la télésurveillance des patients souffrants d’insuffisance cardiaque. Agréé par la DGOS (Direction générale de l'offre de soins), le dispositif comporte au moins un pèse-personne connecté et un algorithme générant automatiquement des alertes en cas de début de décompensation cardiaque.

Après avoir réuni les informations cliniques sur le patient, Follow Heart les transmet aux équipes de professionnels de santé travaillant au sein des services de télésurveillance des deux hôpitaux. L’outil utilise par ailleurs un réseau sécurisé pour protéger les données médicales des personnes suivies.

Le système peut parfois inclure un capteur digital installé au domicile du patient pour recueillir sa fréquence cardiaque et sa saturation en oxygène. Le dispositif prévoit également des analyses de données supplémentaires pour les personnes équipées de pacemaker.


En somme, ce nouveau service se révèle particulièrement prometteur pour les patients et les soignants. De plus, cette pratique médicale avant-gardiste est désormais prise en charge par l’Assurance maladie.

Une amélioration concrète de la prise en charge de la maladie

Les experts incitent souvent les consommateurs à utiliser un comparateur mutuelle pour améliorer leur couverture santé sur le long terme. Dans le cas de l’insuffisance cardiaque, les symptômes peuvent apparaître brutalement ou progressivement sur des années. Il s’agit ainsi d’une maladie chronique.

Les signes caractéristiques de cette pathologie se remarquent généralement au quotidien. Outre l’essoufflement, le patient peut, par exemple, constater une prise de poids régulière en conservant son régime alimentaire habituel. Il peut s’agir d’un symptôme d’insuffisance cardiaque chez une personne ayant un antécédent en la matière. Une fois diagnostiqué, le malade devra suivre un traitement dédié, consommer moins de sel, etc.

Ces premiers signes peuvent s’aggraver. Dans ce cas, ils seront ponctués de périodes de crise singulières, appelées décompensations cardiaques. Le patient aura ainsi tendance à être hospitalisé plus souvent. Ce stade de la maladie est réellement problématique, car chaque crise entraîne une diminution de l’espérance de vie du sujet.

Selon les spécialistes, 50 % des personnes hospitalisées pour une décompensation sont réhospitalisées dans les 12 mois suivant la première crise. C’est justement à ce niveau que la télésurveillance permet d’optimiser le suivi médical des patients.

D’après le Professeur Franck Thuny, responsable de l’Unité insuffisance cardiaque-valvulopathies de l’hôpital Nord de Marseille :

« On s’est aperçu que dans 50 % des cas, des signes annonciateurs de ces décompensations étaient présents dans les cinq jours qui précèdent la déstabilisation. Grâce à la télésurveillance, on va pouvoir anticiper et analyser ces signes annonciateurs pour éviter l’hospitalisation ».