Un test de l’haleine par imagerie pour dépister certains cancers

Création d’une caméra pour détecter des maladies via une simple analyse de l’haleine

Selon la revue de l’American Chemical Society, des scientifiques ont créé une « sniff-cam » capable de détecter certaines maladies chez un individu grâce à l’analyse de son haleine. En effet, le souffle des êtres humains comprendrait des biomarqueurs désignés par « COV », quel que soit leur état de santé. La concentration et la structure moléculaire de ces émetteurs chez chaque personne varient toutefois suivant plusieurs paramètres, dont son genre et sa masse corporelle.

Mais certaines pathologies entraînent également le développement de composés organiques spécifiques. Grâce à méthode d’imagerie innovante impliquant des filtres et des rayons ultraviolets, la caméra détecte ces éléments, même à de faibles doses. Elle reprend le principe des dispositifs actuels déjà utilisés pour mesurer la quantité d’éthanol présente dans l’organisme d’un individu ayant consommé de l’alcool.


L’équipe de recherche, qui a à sa tête le Pr Kohji Mitsubayashi, a perfectionné le système pour qu’il soit en mesure de repérer des biomarqueurs à des taux très bas. L’objectif est de faciliter l’établissement de corrélations entre les odeurs et les anomalies dans le fonctionnement de certains organes. Le projet vise également à proposer une alternative aux appareils encombrants et onéreux actuellement utilisés pour la détection des COV.

Des expérimentations pour faciliter le dépistage de cancers à un stade précoce

Des expérimentations sur des sujets à jeun ont d’ailleurs produit des résultats probants. En début d’année, des chercheurs de l’Université de Cambridge ont pu réaliser des tests de l’haleine grâce à un financement du Cancer Research UK. Ces essais cliniques reposant sur une technologie de biopsie respiratoire avaient pour but d’identifier la présence des molécules pouvant indiquer que le patient est atteint d’un cancer, entre autres du poumon, de l’œsophage ou de l’estomac.

Mise en œuvre dès l’apparition de symptômes précoces, cette méthode peu invasive et plus économique pourrait alerter les médecins de la possible présence d’un cancer au plus tôt, augmentant ainsi les chances de survie des malades. Le champ d’application de l’outil devrait à l’avenir être élargi à d’autres types de cancers.

Des recherches supplémentaires s’avèrent néanmoins indispensables avant que l’usage de la sniff-cam ne soit possible pour établir un diagnostic fiable et soit reconnu par l’assurance maladie.