En même temps que s’est déroulée la dernière Campagne mondiale de 16 jours d’activisme pour mettre fin à la violence faite aux femmes, la revue scientifique Journal of Interpersonal Violence a publié les résultats d’une étude portant sur la propension des victimes à développer, par la suite, des affections de longue durée graves. À savoir, le risque qu’elles encourent est même décuplé.

Il n'est plus à redire, les violences conjugales sont de véritables fléaux qui méritent absolument d'être prises en considération, et ce, quelle que soit sa forme. Le fait est que près d'un tiers de la population féminine mondiale en est victime, à en croire les données statistiques de l'OMS. Si elles n'en décèdent pas, comme c'est le cas de 38% environ des cas d'assassinat de femme, à l'échelle internationale, elles ne sont pas pour autant à l'abri d'autres effets néfastes.

Les maladies chroniques en font partie, notamment le SFC (syndrome de fatigue chronique) et la fibromyalgie. Une étude a même révélé que le risque de développer ces pathologies est doublé chez elles. Sans oublier leur exposition à des troubles psychiques.

La violence domestique provoque d'innombrables dégâts

35%, c'est la proportion des femmes violentées au niveau mondial, tel est le chiffre avancé par l'OMS. Et qui mène d'ailleurs à conclure que les violences conjugales, que ce soit physiques, sexuelles, émotionnelles, psychologiques ou financières, constituent un véritable problème de santé publique. Ne serait-ce que de citer les différentes pathologies qui pourraient en découler, dont les traitements peuvent être coûteux. À moins d'avoir souscrit une couverture complémentaire auprès d'une mutuelle santé.


Précédemment, deux études ont été réalisées par des scientifiques, présidées par le Dr Joht Singh Chandan, afin de démontrer les impacts négatifs de la violence domestique. La première, publiée en juin, a révélé que les victimes sont plus exposées à de graves troubles mentaux, avec des risques trois fois plus élevés que chez les personnes indemnes.

La publication du mois de septembre, quant à elle, affirme que la maltraitance d'enfants engendre, quatre fois plus, la même pathologie chez ces petits souffre-douleurs.

Le 6 décembre dernier, des chercheurs ont affirmé, à travers la revue scientifique Journal of Interpersonal Violence, que les femmes outragées sont deux fois plus propices à développer un SFC ou des fibromyalgies.

À savoir, les deux maladies s'apparentent à une fatigue sauf que la première est plus extrême et les symptômes y afférents sont plus vastes. Tandis que la seconde s'accompagne de douleurs chroniques et de troubles du sommeil. D'après le docteur Chandan :

« Les femmes violentées sont 73% plus susceptibles de développer une fibromyalgie et 91% un SFC ».

Et il n'y a pas que ces deux pathologies puisque les victimes seraient même deux fois plus exposées à d'autres formes d'ALD (une trentaine environ). C'est du moins ce qu'a révélé l'étude menée par les universités anglaises de Birmingham et de Warwick. Au chercheur Siddhartha Bandyopadhyay de souligner :

« L'incidence d'affection de longue durée chez les femmes victimes de violences implique l'existence d'un coût caché supplémentaire pour la société ».
Une aide précieuse pour mieux détecter et traiter les deux formes d'ALD

Jusqu'ici, le manque de connaissance quant à la cause générale du SFC et de la fibromyalgie retarde leur diagnostic. La récente découverte fera certainement avancer les choses. Comme l'ont affirmé les auteurs de l'étude dans leur communiqué :

« Nous espérons que ces résultats de recherche permettront d'améliorer les soins et seront utiles pour le diagnostic précoce de la fibromyalgie et du SFC […] Il est donc important que les médecins gardent à l'esprit que les femmes qui ont survécu à ces violences sont plus vulnérables à ces troubles ».

En guise d'explication, une autre chercheuse de l'Université de Birmingham, Julie Taylor, a avancé le fait que :

« Les survivantes peuvent vivre un stress physiologique et psychologique immense. Les changements qui se produisent dans l'organisme à la suite d'un tel stress peuvent entraîner une multitude de problèmes de santé, comme ceux que nous constatons ».

À préciser que de minutieuses comparaisons ont été effectuées pendant 22 années - de 1995 à 2017 -entre les dossiers médicaux de victimes de violences domestiques (18 547) et ceux de femmes ayant été préservées par la vie, au nombre de 74 188.