Le 12 septembre dernier, la Haute autorité de santé (HAS) a lancé un appel pour que les professionnels de santé s’impliquent davantage dans le traitement de la boulimie. Ce trouble alimentaire reste difficile à soigner en raison du sentiment de culpabilité des victimes, renforcé par la stigmatisation que leur entourage porte à leur égard.

La boulimie est un trouble alimentaire qui se caractérise par une envie impulsive de manger de manière excessive, accompagnée de comportements compensatoires inappropriés afin d’éviter la prise de poids. Son traitement se révèle généralement complexe. Ressentant de la culpabilité, les victimes osent à peine aborder leur problème. De plus, cette maladie s’accompagne de troubles psychiques, qui rendent son traitement encore plus difficile. Pour la soigner, l’intervention de médecins généralistes et de psychologues s’avère indispensable.

Souhaitant que les victimes reçoivent les soins nécessaires, La Haute autorité de santé a alors rappelé les responsabilités que doivent prendre les professionnels soignants.

Une maladie qui touche davantage les filles

La boulimie affecte environ 1,5 % des jeunes âgés de 11 à 20 ans en France, selon la Haute autorité de santé. Les patients commencent à développer ce trouble pendant leur adolescence. Les filles sont les plus touchées. Les patients féminins sont en effet trois fois plus nombreux que ceux de sexe masculin.


Au même titre que les adolescents, les adultes peuvent toutefois aussi s’adonner à l’hyperalimentation. Dans le cas, il est surtout question d’hyperphagie boulimique (consommation excessive de nourriture, mais sans contrôle de poids). Celle-ci touche 3 à 5 % de la population selon la HAS, affectant autant les hommes que les femmes.

Les manifestations sont identiques pour ces deux troubles alimentaires. S’accompagnant de troubles psychiques, ils font donc appel à des prises en charge similaires, qui impliquent autant les médecins généralistes que les nutritionnistes, les psychologues ainsi que les assistants sociaux. Pour traiter les troubles développés par les patients, leurs actions doivent être associées dès le premier diagnostic.

La guérison repose donc également sur le traitement de ces troubles psychiques. Celui-ci doit être mené assez tôt pour multiplier les chances de guérison et éviter que la maladie devienne chronique.

Les dispositions prises par la HAS

Au même titre que l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique font partie des troubles de comportements alimentaires (TCA) qui bénéficient d’une prise en charge par l’Assurance Maladie. Celle-ci propose ainsi le remboursement d’une partie des frais générés pour les soins médicaux. Il faut néanmoins trouver une assurance qui propose une couverture suffisante en fonction des besoins du patient.


Utiliser un comparateur mutuelle s’avère dans ce cas utile.

Toutefois, l’obstacle à l’accès aux soins ne relève généralement pas d’un problème d’ordre économique. Il vient plutôt de la stigmatisation à laquelle sont confrontés les patients. Leur entourage leur reproche souvent d’être responsables de leur mal, en raison d’un manque de volonté notamment.

Face à une telle situation, la HAS lance un appel à l’égard des professionnels de santé, qui doivent rester attentifs aux signaux d’alerte. Avec la FFAB (Fédération française anorexie boulimie), elle a donc dressé une liste de signes cliniques caractéristiques, qui peuvent aider à identifier la boulimie comme l’hyperphagie boulimique. Carence en potassium, érosion des dents, l’usage inapproprié de laxatifs et de diurétiques, troubles de fertilité… autant de symptômes qui doivent alerter.