Le système de santé constitue une problématique récurrente en Nouvelle-Calédonie. Les citoyens reprochent notamment au gouvernement de ne pas prendre exemple sur celui des pays voisins. Les différents présidents qui se sont succédé ont tous essayé de la réformer en vain, mais le congrès a récemment annoncé deux innovations dans le domaine.

Les membres du Congrès ont décidé de mettre en place un nouveau système de services de santé au travail. Cette réforme a été adoptée au mois de mai dernier, et son cadre d'application a été débattu au mois de juin. Ce nouveau système s'est inspiré de la législation nationale et est parfaitement adapté aux différents contextes du travail en Nouvelle-Calédonie. Le gouvernement calédonien s'est d'ailleurs félicité de l'aboutissement de ce projet.

Il aura fallu d'énormes efforts pour que ce nouveau système voie le jour qui a nécessité l'intervention de différents acteurs. On peut notamment citer le personnel médical de diverses branches, les syndicats, les chefs d'entreprises et l'assurance maladie.


Une équipe pluridisciplinaire au service des salariés

Cette nouvelle mesure, qui était inscrite à l'agenda social partagé, est vue comme une petite révolution dans le secteur, car elle marque un tournant majeur dans le fonctionnement et l'organisation des services de santé au travail.

Cette réforme offre de nombreux avantages. L'on peut, entre autres, citer un meilleur suivi de la santé et de la sécurité des travailleurs. Les membres du congrès ont tenu à souligner que ces deux éléments constituent des facteurs clés du développement économique, mais surtout humain.

Thierry Xozame, directeur adjoint de la direction du Travail et de l'emploi a, d'ailleurs, fait l'éloge de ce nouveau système dans ces propos :

Médecins du travail, collaborateurs médecins, internes en médecine du travail, intervenants en prévention des risques professionnels et infirmiers peuvent désormais unir leurs compétences afin d'améliorer la gestion des risques professionnels.

Ainsi, une équipe pluridisciplinaire sera mise à contribution, c'est la première innovation apportée par cette réforme. La nouvelle a été plutôt bien accueillie par les particuliers.

Plus besoin de passer la traditionnelle visite médicale

La seconde innovation est liée à l'adaptation du suivi médical pour le travailleur. En effet, l'habituelle visite médicale préalable d'aptitude systématique avant d'être définitivement embauchée est remplacée par une visite d'information et de prévention. Selon la nouvelle réglementation en vigueur imposée en Nouvelle-Calédonie, cette visite d'information et de prévention doit être renouvelée tous les cinq ans au minimum.


Mais il est également stipulé que les salariés, exposés à des risques particuliers, doivent passer le traditionnel examen d'aptitude. Cette visite médicale doit, elle aussi, être réitérée, et ce tous les quatre ans. Thierry Xozame a déclaré que :

Deux niveaux sont ainsi créés. Le suivi individuel simple, mais qui peut être adapté en fonction de la situation particulière du salarié (handicap, âge, maladie, etc.), et le suivi individuel renforcé.

Il est également porté à la connaissance des Calédoniens, que ces mesures se vaillent toutes autant dans le cas d'un travailleur temporaire ou d'un salarié en contrat à durée indéterminée.