Les troubles psychiques représentent un sujet fort préoccupant pour les pouvoirs publics français

Il n’y a pas que la bipolarité et la schizophrénie qui sont qualifiées d’affections psychiatriques. L’anxiété, la dépression, les phobies, les comportements alimentaires anormaux ainsi que les addictions sont aussi considérés comme étant des problèmes de santé mentale. Or, ceux-ci impactent négativement sur le bien-être des concernés.

En territoire français, cette réalité est d’autant plus troublante que la maladie se trouve parmi les plus fréquentes alors que le sujet semble être encore tabou, notamment dans certains départements comme la Guadeloupe. Le cas des Guadeloupéens est même des plus alarmant en raison du taux de personnes atteintes qui dépasse la moyenne hexagonale. De quoi mobiliser le ministère y afférent ainsi que les agences régionales de santé ou ARS.


Un véritable fléau, outre le cancer et les troubles cardiovasculaires

Les troubles psychiatriques présentent un réel problème de santé publique en France étant donné que c’est une pathologie touchant 27% de la population. Ce qui le propulse en troisième position dans le classement des affections auxquelles les Français sont les plus exposés, derrière le cancer et les maladies cardiovasculaires. Une personne sur cinq serait d’ailleurs affectée chaque année, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Quelque 3 millions d’entre eux souffrent même d’une forme plus sévère. En effet, il existe toute une disparité en termes d’intensité de la névrose, et ce, dépendant de son origine qui peut être une pathologie mentale ou bien une simple détresse psychologique.

À savoir, la dépression, la bipolarité, la schizophrénie, l’autisme et les addictions sont les plus rencontrés en France avec respectivement trois millions, 1,3 million, 600 000 et 300 000 cas recensés. Outre cela, l’on enregistre le TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif), les phobies, les déséquilibres au niveau du comportement alimentaire et ceux liés à la consommation de stupéfiants.

Dans un cas comme dans l’autre, les impacts de la maladie sont considérables tant pour le patient que pour la société. Pour le premier, le risque de mortalité s’accroît en raison de la tendance suicidaire du malade, par exemple. Sans oublier aussi la difficulté d’insertion sociale et professionnelle. Pour la seconde, les conséquences se présentent sous forme économique. Les traitements étant pris en charge par l’assurance maladie et s’établissant à hauteur de 23 milliards d’euros par an. En 2011, ceux-ci se révélaient être son 2ème poste de dépenses.


Les Guadeloupéens sont fortement concernés

Si les chiffres ont de quoi alarmer les pouvoirs publics du pays, ils le sont d’autant plus en Guadeloupe avec son taux d’affection s’élevant à 34%. Parmi l’ensemble de la population, 25% ont déjà eu recours à un traitement par psychotropes.

Rien d’étonnant alors à ce que le ministère de la Santé met le secteur dans son collimateur. Une conscientisation collective est d’ailleurs à prévoir. De fait, il n’est plus à redire que chacun est concerné par ce problème, que cela soit de façon directe ou indirecte. L’idée étant de réduire la stigmatisation de la maladie mentale.

Ainsi, à travers le programme « ma santé 2022 », l’ARS se veut de susciter la prise de conscience de tout un chacun (professionnels, patients ainsi que leur entourage) sur le sujet. Un appel à projets, intitulé « projet territorial de santé mentale de Guadeloupe et des Îles du nord » a été aussi lancé. Ceux-ci devant envisager :

  • Diverses dispositions, notamment à titre préventif ; 
  • Des solutions en vue d’optimiser les dépistages ; 
  • Des éléments aidant à l’amélioration de l’accompagnement des malades, tels que des soutiens à la réinsertion sociale ou de nouveaux traitements. Et ce, en déployant davantage des outils digitaux.