Voilà déjà plus d’un an et demi que la pandémie du covid-19 sévit sur la planète. Si certains pays ont mal vécu la première vague de contaminations, d’autres s’en sont mieux sortis. C’est le cas, par exemple de la Tunisie sauf que le pays connait à présent une situation sanitaire on ne peut plus catastrophique au point de demander un soutien international.

La Tunisie a fait figure de bon élève au début de la propagation du Coronavirus. Alors que la planète comptabilisait des centaines de milliers de décès, le pays n'en recensait qu'une quarantaine en mai 2020. Une bonne note qui s'expliquerait par les mesures anticipatives prises par son gouvernement.

La 2ème et 3ème vague de contaminations ont eu pourtant raison de ce dernier, la faute à des manifestations publiques et de ce fait à l'abrogation des gestes barrières, armes principales pourtant déployées auparavant et qui se sont avérées efficaces. Sans oublier le retard du lancement de la campagne de vaccination. Le résultat est là : un système sanitaire effondré et plus d'une centaine de décès quotidiens à son compte.


Le taux de mortalité le plus élevé sur le continent africain

Nous maintenons la même démarche, toujours anticiper, toujours rester vigilant […] Il faut garder cette vigilance qui paie […] Nous sommes arrivés à maîtriser cette épidémie.

Tel a été le discours du Premier ministre tunisien Elyes Fakhfakh en mai 2020 alors que son pays sortait de la première vague de contaminations au covid-19 avec 45 victimes si 280 000 ont succombé au total, à l'échelle mondiale.

Le fait est que la Tunisie n'a pas hésité à instaurer un confinement strict dès le premier décès sur son territoire. Une mesure qui n'a pu contraindre la seconde attaque en début d'année, causant alors 70 morts par jour (statistiques du mois de février 2021) puis 140 au cours de la dernière semaine. Aujourd'hui, le bon élève du début de la pandémie affiche un taux de mortalité record en Afrique, à raison de 16 000 décès pour 11,7 millions d'habitants.

Mais il n'est pas au bout de sa peine, en raison d'un effondrement de son système de santé. De fait, dans les services de soins intensifs publics, plus de 92% des lits sont occupés. Une situation qui impactera certainement sur les coûts d'assurance maladie, quoique chaque assuré peut résilier sa mutuelle à l'échéance de son contrat et changer d'assureur.


Un appel au secours est de mise

La dégradation de la situation sanitaire tunisienne a débuté en automne de l'année dernière et a continué à s'aggraver lors de la troisième vague de contaminations. Une situation qui s'expliquerait par :

  • D'importants mouvements sociaux dus à des zizanies au niveau politique ;
  • Un manque de ressources en milieu hospitalier, notamment des difficultés d'approvisionnement en oxygène médical ;
  • Le retard des vaccinations anticovid. La campagne vaccinale n'ayant commencé que le 13 mars dernier alors que celle des pays voisins a été lancée dès le mois de janvier.

Pour se sortir de la crise sanitaire à laquelle elle est actuellement confrontée, la Tunisie a lancé un appel à l'aide internationale. L'Algérie, l'Arabie Saoudite, le Qatar et la France ont répondu présentes. À savoir, cette initiative n'est pas une grande première, à en croire Lilia Blaise, la correspondante de France 24 à Tunis :

L'année dernière à la même époque, des campagnes appelant aux dons avaient déjà eu lieu alors qu'il y avait très peu de cas, car les Tunisiens ont bien conscience de la fragilité de leur système hospitalier qui souffre déjà, en temps normal, d'un manque de budget et de ressource.

Dernièrement, sa diaspora de France a été sollicitée par l'Ambassade du pays qui a publié sur sa page Facebook :

L'Ambassade de Tunisie en France exhorte les Tunisiens résidents en France [...] à contribuer activement au soutien des établissements de santé en Tunisie à travers des dons en nature — équipement et matériel médical et paramédical — ou sous forme pécuniaire.