L’avènement de l’Internet a marqué un gros tournant dans la société. La communication en a été révolutionnée sans compter les nombreux progrès qui ont été accomplis grâce à lui. Mais comme toute médaille a son revers, cette avancée technologique ne manque pas d’inconvénients, surtout si elle est utilisée de façon irresponsable et immodérée. Il va sans dire, en effet, que la dépendance ternit tant la santé que le comportement des concernés.

Une facilité d’informations, une meilleure communication entre famille, amis et connaissances, une accessibilité à tout moment et quel que soit l’endroit où on se trouve, des progrès remarquables dans tous les secteurs d’activité… Tels sont les bienfaits du numérique. Ce qui explique l’engouement quelque peu frénétique des consommateurs pour ce dernier.

Pourtant, l’heure est actuellement aux mises en garde puisque le recours à cette technologie tend à l’addiction. D’autant plus que tous les profils et les tranches d’âge sont concernés. Et il faut dire que les effets pervers de ce penchant ne manquent pas quoiqu'ils ne soient heureusement pas incurables. C’est en tout cas ce qu’a relevé la neuropsychologue Stéphanie Mazza lors de la conférence qu’elle a tenue récemment, à l’initiative de la Fondation April.


Une santé en berne et des liens sociaux détériorés

Les effets de l’Internet sur le mode de vie de ses utilisateurs ne sont pas toujours bénéfiques. L’hyperexposition aux écrans peut, en effet, être néfaste, comme l’a exposé Stéphanie Mazza, une experte en neuropsychologie et neurosciences, lors d’une conférence-débat intitulé « Hyperconnexion, et si nous remettions les pendules à l’heure ».

Se déroulant le 16 octobre dernier, cette rencontre à l’initiative de la Fondation April a révélé de nombreux dangers, notamment sur la santé des hyperconnectés. Ne serait-ce que de citer la dégradation de la qualité du sommeil ainsi que sa durée du fait d’une stimulation de l’activité cognitive occasionnée par l’usage d’écran à des heures tardives.

Sans oublier le fait qu’être figé à longueur de la journée devant son écran réduit l’activité physique. Le comportement alimentaire s’en retrouve aussi modifié. De fait, l’utilisateur aura tendance à négliger la qualité de sa nourriture pour se tourner davantage vers les « junkfoods » à cause de leur praticité. Ce qui accroît les risques de contracter d’autres maladies encore plus graves et alourdira les frais de soins et d’assurance santé.

À savoir, ceci est également une source incontestable de la fatigue oculaire qui, de fil en aiguille, pourra provoquer des lésions au niveau de l’organe de la vue et conduire à sa dégénérescence. Sans parler des sources de stress et d’épuisement du cerveau à cause de la surcharge d’informations, mais aussi de la perte de concentration. Cette dernière pourrait causer divers incidents malencontreux, comme des accidents routiers par exemple. Ou du moins, elle risquerait de nuire à la productivité des employés.


Une appétence qui mérite d’être modérée

Bien qu’il s’agisse d’une forme très récente d’addiction, l’hyperconnexion est très répandue, altérant même aujourd’hui les relations humaines au sein de la société à cause de l’essor des échanges virtuels. Et le plus frappant, c’est que tout le monde est concerné : enfants, jeunes et adultes.

Pour le cas des Français, 73% d’entre eux ont avoué être dépendants lors d’un sondage BVA en juin dernier. Et le temps qu’ils passent quotidiennement sur leur écran se rallonge à vue d’œil. En moyenne, il est estimé à 4h30, soit 8 minutes de plus par rapport à l’année dernière. Mais pour les 18-24 ans, cette durée est plus alarmante en s’élevant à 5h48 par jour. Près des tiers des 18-34 ans (32%) sont même accros à leur Smartphone, à leur ordinateur et à leur tablette la nuit si 74% les laissent allumer durant leur sommeil.

La dépendance est telle qu’une déconnexion, de temps en temps, serait la bienvenue. 72% des sondés s’y sont d’ailleurs montrés favorables. À Stéphanie Mazza d’ajouter :

« On perçoit l’hyperconnexion lorsqu’elle touche aux socles de notre santé : l’alimentation, l’activité physique et le sommeil. Sentir une dégradation de ces piliers doit entraîner une réaction. Sans interdire, car il faut savoir vivre avec son temps, mais à travers de simples comportements de prévention relevant plutôt du bon sens ».

La conférencière a alors avancé quelques conseils pour le servage, à commencer par l’instauration des limites d’usage des outils à écran, notamment les bannir lors des repas, des heures du sommeil, des activités nécessitant plus de concentration (travail, sport, conduite…). Les vacances et week-ends sans connexion ont d’ailleurs été préconisés.