Selon les professionnels de santé, le vaccin ne pourra pas à lui seul éradiquer la Covid-19. D’autant qu’une partie de la population française n’est pas consentante. C’est la raison pour laquelle ils soutiennent le maintien des mesures barrières. À cela s’ajoute l’application des stratégies qui se sont déjà révélées efficaces, à l’instar du « tester, tracer, isoler ».

Occupant le 16ème rang mondial en matière de système de santé, l'Hexagone présente des failles dans le domaine. La crise sanitaire du coronavirus n'a fait que renforcer ce constat. Cela est principalement dû au fait que les dirigeants méconnaissent la santé publique. Or, la structuration des offres de soins et la répartition des ressources en dépendent.

Résultat : les priorités de santé ne semblent pas définies. Par ailleurs, les réseaux de soins primaires et la médecine de première ligne sont ignorés. De même, les Facultés de médecine et les écoles n'enseignent plus ni l'hygiène ni la prévention. Une situation à suivre pour les acteurs dans l'assurance maladie.


Tout le monde à tous les niveaux doit contribuer à la lutte

À l'approche d'un vaccin, l'épidémiologiste Didier Cannet préconise en parallèle plusieurs mesures dans la lutte contre le virus. Il conseille notamment :

  • La poursuite de la recherche sur divers éléments tels que les tests de dépistage et les médicaments antiviraux ;
  • L'utilisation des corticostéroïdes à l'hôpital pour les patients en stade d'orage cytotoxique. Cela permettra d'atténuer l'inflammation et de limiter la mortalité ;
  • Le respect des gestes barrières à travers la distanciation sociale, le port du masque dans les lieux publics, le lavage des mains, etc. ;
  • Le maintien et l'amélioration du dispositif « Tester, tracer, isoler » mis en œuvre par l'Assurance maladie. Cette stratégie se révèle efficace pour rompre les chaînes de contamination ;
  • L'enseignement de l'hygiène et de la prévention aux élèves et à leurs parents ;
  • Une transparence totale dans les communications sur les différents types de vaccins.

La campagne de vaccination concerne d'abord les populations vulnérables

Pour le moment, les réformes structurelles pour la santé ne semblent pas indispensables. À ce stade, il s'avère plus utile de porter un regard sur l'expérience acquise durant la première vague. Avec les moyens à disposition aujourd'hui, cela tendra vers une meilleure maîtrise de l'épidémie.

Sur ce point, cette dernière pourrait passer par une campagne de vaccination de masse. Cela empêcherait le virus de circuler et conduirait à l'immunité collective avant le retour de l'été. Cependant, l'adhésion des citoyens manque en France, à la différence de l'Allemagne. De même pour les moyens logistiques, principalement les réseaux de distribution et les congélateurs.

Ainsi, les personnes âgées et les individus souffrant de certaines maladies chroniques seront les premiers concernés par ladite campagne. Viennent ensuite le personnel de santé en première ligne et les volontaires (un Français sur deux).