Le risque d’être victime d’accidents cardiovasculaires graves peut baisser jusqu’à 13 %, en seulement un mois, pour les gros fumeurs passant au vapotage. C’est ce qu’indique une récente étude menée par une équipe de scientifiques britanniques. Ces travaux n’éliminent pas pour autant les dangers liés au tabagisme et à la consommation de cigarettes sous toutes ses formes.

Depuis plusieurs années, la communauté scientifique dénonce les risques associés à la cigarette et, a fortiori, à la e-cigarette. Cette dernière bénéficie toutefois du soutien de quelques rares travaux évoquant ses avantages potentiels. Récemment, une équipe de recherche de l’université de Dundee a révélé que le vapotage était moins nocif pour la santé cardiovasculaire des gros fumeurs.

Le débat autour de la cigarette électronique a donc repris avec cette nouvelle étude publiée dans la revue Journal of the American College of Cardiology. Cependant, les chercheurs britanniques ont surtout tenu à mettre en avant la dangerosité du tabagisme en général, même si elle est légèrement amoindrie avec le vapotage.


Une pratique relativement moins dangereuse

Aux États-Unis, la cigarette électronique a accaparé l’attention des médias et du grand public ces derniers mois. En effet, au cours de l’année, le pays a recensé plus de 2 000 malades et une quarantaine de décès dus à une nouvelle maladie pulmonaire liée au vapotage.

Jusqu’à présent, les autorités sanitaires américaines estiment que cette épidémie est apparue à cause de l’usage de cartouches de recharge contrefaites, imbibées de THC (molécule psychoactive du cannabis) ainsi que d’acétate de vitamine E. Cette dernière substance est généralement utilisée en tant qu’agent de coupe.

D’après les spécialistes européens, ces pneumopathies provoquées par le vapotage représentent un phénomène délimité aux États-Unis. D’ailleurs, aucun autre pays dans le monde ne semble être touché par une épidémie similaire.

Concernant l’étude considérée, les scientifiques britanniques ont précisé que leurs travaux se concentraient surtout sur les avantages de la cigarette électronique par rapport à la version classique. Cette dernière est en effet reconnue comme la première cause de différents types de cancer.

Par ailleurs, la cigarette traditionnelle augmente le risque de crises cardiaques, d’AVC (accidents vasculaires cérébraux) mortels et de diverses maladies cardiovasculaires chez les gros fumeurs. En tout cas, le tabagisme en général est nocif pour la santé, qu’il s’agisse de sa version classique ou électronique.


Comme le souligne le principal auteur de l’étude, Jacob George :

« Il est crucial de souligner que les cigarettes électroniques ne sont pas sans danger, mais moins nocives que le tabac pour tout ce qui a trait à la santé cardiovasculaire. Elles ne doivent en aucun cas être considérées comme des dispositifs inoffensifs pouvant être utilisés par les non-fumeurs ou les adolescents. »

Amélioration de la fonction endothéliale chez les vapoteurs

Actif ou passif, le tabagisme représente un problème de santé publique particulièrement grave dans le monde. Chaque année, en France, il provoque 78 000 décès, dont 59 000 hommes et 19 000 femmes. Il s’agit ainsi d’une réelle préoccupation pour tout médecin, toute mutuelle et tout autre acteur du secteur de la santé.

Selon l’étude menée par l’équipe de l’université de Dundee, la fonction cardiovasculaire des gros fumeurs a tendance à s’améliorer lorsqu’ils passent au vapotage. Ils présentent ainsi moins de risque de développer des maladies cardiovasculaires. Les recherches en question se sont étalées sur deux ans et ont été financées par le British Heart Foundation.

Comme l’explique le premier auteur de l’étude :

« En l’espace d’un mois, nous avons constaté une amélioration moyenne de 1,5 point de pourcentage chez les fumeurs passés à la cigarette électronique. Concrètement, chaque point de pourcentage d’amélioration de la fonction cardiovasculaire entraîne une baisse de 13 % du risque d’évènements graves liés, comme les crises cardiaques. »

Dans le cadre de son étude, l’équipe britannique a observé 114 fumeurs réguliers, consommant au moins 15 cigarettes par jour, depuis deux ans minimum. Les participants ont été répartis en trois groupes et ont subi différents tests pour évaluer leur fonction cardiovasculaire, au début et au terme de l’étude.


Le premier groupe consommait uniquement des cigarettes traditionnelles. Le second fumait seulement des e-cigarettes avec des recharges à la nicotine. Enfin, le dernier groupe s’en tenait à des cigarettes électroniques contenant du e-liquide dépourvu de nicotine.

À l’issue de l’expérimentation, les chercheurs britanniques ont constaté que la fonction endothéliale s’est nettement améliorée chez les fumeurs consommant exclusivement des e-cigarettes, avec ou sans nicotine. Cette fonction définit la fluidité de la circulation du sang dans tout l’organisme.