Le 30 juin dernier, La Direction générale du Trésor a fait paraître une note concernant la construction et la rénovation de logements résidentiels dans l’Hexagone. Elle y indique que d’importantes disparités existent sur ce marché. Des propositions ont donc été avancées par la DGT afin d’orienter les politiques publiques à venir concernant le logement.

Les inégalités sur le marché du logement privé ne cessent de s'accroître depuis 2010 dans toute la France. Les disparités portent aussi bien sur les prix moyens pratiqués que sur le taux d'occupation. Dans sa note du 30 juin 2020, la DGT révèle notamment que les ménages n'occupaient pas à titre de résidence principale 20 % des logements dans l'Hexagone en 2018.

Par ailleurs, les constructions sont beaucoup plus importantes que les rénovations, ces dernières impliquant davantage de dépenses qu'un investissement dans un logement neuf. En tout cas, les occupants des habitations, qu'elles soient rénovées ou nouvellement construites, constituent autant de clients potentiels pour les compagnies d'assurance habitation.

Quelles sont les recommandations de la DGT ?

La DGT a émis quelques idées visant des évolutions à moyen terme pour le marché du logement. Ses propositions s'articulent essentiellement autour de la lutte contre l'artificialisation des sols et les rejets de gaz à effet de serre. En voici quelques-unes :

  • Diminuer les constructions neuves sur les terrains nus, en particulier dans les zones rurales, et privilégier les opérations qui consomment peu de sols.
  • Mettre en place une taxe sur le stock immobilier, incluant les logements inoccupés et les résidences secondaires, afin de limiter le taux de vacance. Cette mesure exige toutefois que les valeurs cadastrales (qui n'ont fait l'objet d'aucune réévaluation depuis 1971) soient réformées.
  • Abroger les aides fiscales dans les zones détendues. Est notamment envisageable la suppression du prêt à taux zéro pour les constructions neuves.
  • Faire baisser le seuil de prise de décision dans le cadre des assemblées de copropriétaires afin de mieux cibler les travaux de rénovation énergétique.

Les inégalités en chiffres

Sur la période 2010-2017, plus de 370 000 constructions neuves par an en moyenne sont venues s'ajouter au parc de logements français. En revanche, le nombre de résidences principales ne s'est accru qu'à hauteur de 240 000 par an. Ainsi, 6,5 millions d'habitations ne servent pas de résidence principale dans l'Hexagone. En fonction des communes, le taux d'occupation oscille entre 10 et 94 %.


Concernant les prix moyens des logements, le mètre carré peut être inférieur à 500 euros dans certaines communes et dépasser 12 000 euros dans d'autres. Les constructions se succèdent à un rythme soutenu dans les zones où les prix sont faibles.

Dans sa note, la DGT avance que l'évolution du marché du logement ces dix dernières années s'oppose à la politique en la matière. Cette dernière vise notamment à :

  • Réduire le bétonnage des sols et l'empreinte carbone des constructions.
  • Modérer les prix des logements et les loyers élevés.
  • Redynamiser les centres-bourgs.