Bien qu’agité, l’an dernier s’est montré résilient d’après les notaires de l’Indre-et-Loire. Dans le territoire, les transactions immobilières se sont effondrées de 60 % au cours du confinement de printemps 2020. Cependant, elles ont rapidement rebondi. Dans l’ensemble, la chute a été moins vertigineuse que prévue, annonce un des professionnels opérant sur le secteur.

Selon la chambre des notaires du département, les prix de vente de logements ont fait état d'une tendance haussière en 2020. Pour les appartements anciens, le tarif au mètre carré médian totalise une augmentation de 8,9 %.

Les zones les plus convoitées se situent dans le Sud et à Tours, près des établissements universitaires. Le directeur de trois antennes Era immobilier dans la ville, Cyril Decoux remarque un nombre important d'individus avec un projet d'acquisition. Ces derniers ambitionnent de faire du Airbnb ou de la colocation, précise-t-il.

Dans la commune tourangelle, l'évolution se révèle plus notable. Une conséquence de la forte tension que connaît le marché.


Distension des prix de vente

Du côté des maisons, les professionnels de l'immobilier observent une légère progression de 1,1 %. À Loches et dans les communes qui l'entourent, un bien se négocie à peu près à 120 000 euros. Dans les environs de Chinon, il faut ajouter 14 500 euros de plus. Dans le nord de l'Indre-et-Loire, le coût affiché s'élève à 155 000 euros. Avec un tarif médian de 230 000 euros, le secteur entre Tours et sa seconde couronne constitue le plus onéreux du territoire.

Selon Cyril Decoux, la hausse des prix résulte du comportement des consommateurs. Certaines ventes se bouclaient sans aucune négociation, illustre le professionnel avant de dévoiler la raison d'un tel phénomène :

[…] L'euphorie du déconfinement et la peur que le bien ne leur revienne pas. On avait 1 bien pour 4 acheteurs.

Pour sa part, Julie Fèvre relève des choix arrêtés avec une plus grande rapidité. La directrice de Square habitat Touraine Poitou avance toutefois que c'était inévitable :

Les biens partaient très vite. Quand ils restaient en vente trois mois sur le marché auparavant, là, quand on est sur un prix de marché, en quinze jours, 1 mois, le bien est vendu.

Sur ce point, le volume des transactions a, contrairement aux tarifs, enregistré un repli. Une situation qui affectera notamment le secteur de l'assurance habitation.

Une inflexion moins grave que prévu

La chambre interdépartementale des Notaires du Val de Loire constate une régression de 6,2 % pour les terrains destinés à la construction. Au niveau des maisons anciennes, le pourcentage s'établit à -2,2 %. S'agissant des appartements, il s'élève à -9,1 % pour les biens anciens. En raison des retards de travaux à cause des confinements, le marché du neuf accuse un recul de 34 %. Dans ce cadre, Cyril Decoux a conclu 114 ventes l'année dernière, soit 10 de moins qu'en 2019. Le professionnel rapporte néanmoins :

La baisse est moins importante que ce que l'on craignait.

De leur côté, les notaires estiment que malgré des tumultes, l'exercice 2020 demeure résilient. Avec la fermeture des agences et la proscription des visites, les transactions ont diminué de 60 % pendant le premier confinement. Toutefois, la reprise n'a pas tardé. Dans l'ouest du département, Julie Fèvre avance à propos des sept antennes qu'elle dirige :

Dès le 11 mai, quand on a déconfiné, les agendas se sont très très vite remplis. Et ça ne s'est jamais arrêté.