Depuis la crise de 2008, 90 % des propriétaires américains vérifient les antécédents des candidats à la location avant de les autoriser à occuper leur logement. Ils ont généralement recours à une entreprise spécialisée dans le domaine. Cette activité représente actuellement un milliard de dollars dans le pays, soit près de 900 millions d’euros.

Les propriétaires français ont le droit de réclamer certains documents à leurs futurs locataires, notamment une pièce d'identité ainsi que des justificatifs de domicile, de ressources et de situation professionnelle. La souscription d'une assurance habitation est aussi obligatoire pour les locataires dans l'Hexagone. Néanmoins, les exigences qui leur sont imposées restent relativement limitées dans l'ensemble.

Les bailleurs américains, en revanche, peuvent procéder à une vérification des antécédents des candidats à la location de leur logement. Cette opération implique le plus souvent la consultation de l'historique bancaire ou locatif de la personne considérée. Certains propriétaires vérifient même les casiers judiciaires des locataires potentiels.

Une pratique entraînant trop d'erreurs

Devant le tribunal, certains professionnels de la vérification d'antécédents admettent inclure le maximum de correspondances dans les résultats présentés à leurs clients. Cette méthode augmente pourtant les risques d'erreurs de manière significative.


Pour leur défense, les entreprises concernées affirment recommander à leurs clients bailleurs de vérifier systématiquement les informations obtenues. Toutefois, les propriétaires font justement appel à leurs services pour éviter d'effectuer cette opération eux-mêmes. Au final, de nombreux candidats à la location sont victimes de ces erreurs.

Selon les observateurs, les affaires analysées par le New York Times représentent une infime partie des cas cristallisant les problèmes liés à la vérification d'antécédents sur le marché locatif américain. En effet, maints consommateurs ont probablement renoncé à demander les motifs précis à l'origine du rejet de leur candidature.

Par ailleurs, les propriétaires sont seulement tenus d'évoquer les antécédents négatifs comme principale cause de leur refus, sans plus de détails. Ils doivent néanmoins indiquer l'identité de l'auteur de l'enquête sur l'historique du candidat. La société en question dispose d'un délai de 30 jours pour réagir contre d'éventuelles plaintes. Entre-temps, l'objet du litige est souvent attribué à un autre locataire.

Des méthodes discutables

En plus d'être discriminatoires, les recherches sur les antécédents des locataires américains sont la plupart du temps approximatives, comme l'indique une enquête du New York Times. Le journal a observé plusieurs centaines de plaintes contre les sociétés spécialisées dans cette activité.

Dans la majorité des cas, les candidats à la location ont été identifiés à tort comme des dealers, de mauvais payeurs ou encore des pédocriminels. Ces affaires sont souvent résolues à l'amiable et ne parviennent pas au stade de procès. Toutefois, les entreprises visées continuent de nier l'existence de problèmes dans leur méthodologie et les outils qu'elles utilisent.


En général, les experts en vérification d'antécédents utilisent des systèmes automatisés, effectuant des recherches dans toutes les bases de données accessibles dans le pays. Ces dispositifs consultent les archives judiciaires, les réseaux sociaux ainsi que les listes de suspects de trafic de drogue, de crimes sexuels ou de terrorisme.

Selon le quotidien américain, les résultats de ces compilations passent rarement par des étapes de vérification humaine. De ce fait, certains délits commis dans différents États par plusieurs personnes ayant des patronymes identiques se retrouvent par erreur dans le dossier des locataires.