Les agences spécialisées dans l’habitat fluvial le confirment. Ce type de logement attire de plus en plus d’acheteurs. Et les demandes ont décuplé pendant le confinement, au printemps 2020. Le cadre fait rêver la plupart des intéressés. Le prix constitue également un avantage, plus accessible que celui d’un appartement classique à Paris.

Selon les chiffres communiqués par Voies Navigables de France, on compte actuellement 1 300 bateaux-logements en Île-de-France. À rappeler que cet établissement public est en charge de l'habitation fluviale sur la Seine. Les agences spécialisées dans ce logement atypique soulignent une hausse des ventes au cours des trente dernières années.

La crise sanitaire est loin de les avoir ralenties, bien au contraire. Le prix constitue l'un des paramètres qui attirent les acheteurs. D'ailleurs, les agences immobilières constatent une diversification de leur profil. La plupart des intéressés sont séduits par le cadre. Comme pour les logements classiques, les propriétaires peuvent parer contre les incidents avec une assurance habitation.


Un mode de vie qui attire les personnes en quête d'indépendance

Pour l'heure, les agences spécialisées dans l'habitation fluviale ne sont pas aussi nombreuses que celles travaillant dans l'immobilier classique. Toutefois, Stéphane Bachot avoue au magazine 20 Minutes qu'il ne s'agit plus d'un marché de niche.

Jean-Pierre Huvé, qui dirige l'agence Rivercoach, souligne que ce type de logement n'attire pas exclusivement les « babas cool ». Ce qui était le cas il y a une trentaine d'années. Stéphane Bachot y rencontre en général des travailleurs indépendants, des médecins et ceux évoluant dans l'univers artistique. Nathalie Desbonnet de l'agence Seine Plus confie que des personnes travaillant dans la finance s'y orientent de plus en plus.

Ceci dit, toutes les agences s'accordent sur le fait que vivre sur une péniche constitue un mode de vie. Pour certains acquéreurs, cela permet de vivre loin des tumultes de la vie parisienne. D'autres sont en quête d'évasion. C'est d'ailleurs pour cette raison que le bateau-logement a connu un essor pendant le premier confinement.

En effet, pour beaucoup, une péniche offre davantage de liberté qu'un appartement classique. Le cadre est un plus pour ceux qui choisissent de vivre sur la Seine. En effet, ils pourront admirer les quais et le paysage naturel environnant, et entendre le doux son de l'eau.


Moins cher que les logements classiques

Les ventes sont en hausse depuis la crise de 2008, et se sont améliorées avec le confinement. D'ailleurs, Jean-Pierre Huvé confie avoir cédé 30 péniches depuis le début de l'année. Il en avait vendu 20 au total en 2019. Il est à 110 bateaux-logements écoulés en 7 ans. Selon lui, les clients apprécient les emplacements proches des riches banlieues comme Boulogne-Billancourt, Suresnes, Levallois, Issy-Moulineaux, Saint-Cloud ou Neuilly.

Le prix est 2 à 4 fois moins cher que dans l'immobilier classique : entre 2 000 et 5 000 euros le mètre carré. Pour une péniche de deux étages, disposant d'une terrasse de 300 m² habitables, l'acheteur dépensera 300 000 euros. Cela revient 3 fois moins cher qu'un logement en pierre. Néanmoins, le prix n'est pas encore à la portée de tous. La clientèle est en grande partie constituée de personnes aisées.

Pour vivre sur la Seine, une demande doit être envoyée au service dédié des Voies Navigables de France. Les places sont limitées, et il faut parfois attendre plusieurs décennies avant d'obtenir une autorisation. Claude Denet, responsable du service, affirme recevoir 300 demandes chaque année.