Sur un parc immobilier comptant 35 millions de logements, sept millions sont sujets à des passoires thermiques en France. Consciente de ce manque criant en matière de rénovation énergétique, l’Agence nationale de l’habitat ou Anah a mis sur pied deux programmes baptisés « Habiter mieux » et « Habiter mieux copropriété ». L’un comme l’autre offre leur soutien aux propriétaires désireux d’entamer les travaux, mais qui manquent de moyens.

Il n’y a pas qu’en hiver que les occupants des maisons mal isolées se sentent pénalisés par l’état de leur logement. En été aussi, ils subissent les effets de la canicule. Sept millions de bâtiments anciens, plus précisément, sont concernés par cette situation.

Or, il s’avère que la grosse consommation d’énergie pour leur rééquilibre thermique suscite des émissions considérables de gaz à effet de serre.

Des travaux de rénovation thermique sont alors de mise. Et c’est dans cette vision que les programmes nationaux "Habiter mieux" et "Habiter mieux copropriété", menés par l’Anah (Agence nationale de l’habitat) ont vu le jour, avec plusieurs financements à la clé. Ces dispositifs sont destinés plus particulièrement à certains profils de ménage et dépendent aussi de l’état du bien.


L’Anah en faveur des occupants de bâtiments anciens énergivores

Installation d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC), renforcement du système de chauffage, mise en place de robinets thermostatiques, isolation des façades, de la terrasse ou de la toiture… Ce sont des travaux permettant de combler jusqu’à plus de 25%, voire plus de 35%, le gouffre énergétique d’un ancien bâtiment nécessitant une rénovation thermique.

Une solution épaulée par l’Anah qui, non seulement contribue fortement à la baisse des factures de consommation d’énergie, mais aussi aux dépenses liées à l’assurance habitation. À savoir qu’à travers deux programmes promouvant les travaux y afférents, en l’occurrence « Habiter mieux » et « Habiter mieux copropriété », l’agence veut venir en aide :

  • Aux ménages à revenus précaires et les foyers modestes, propriétaires d’une résidence existant depuis plus de quinze ans ; 
  • Au syndicat de copropriétaires de bien collectif, comportant 75% de résidences principales, dont la construction remonte avant le 1er juin 2001.
Sur ce dernier point, il est à préciser que les ressources des occupants ne seront pas prises en considération. Par contre, l’immeuble doit être étiqueté entre D et G. Quant à son budget prévisionnel annuel, celui-ci doit présenter des impayés de charges dont le taux sera soumis à une évaluation.

Une somme non négligeable sous forme de subventions

L’année dernière, l’Anah a tendu la main à des milliers de propriétaires d’immobilier. Elle a, par exemple, permis de sortir 62 345 logements de leur précarité énergétique grâce au programme « Habiter mieux », mais également en réadaptant quelque 16 985 résidences pour faciliter le déplacement de leurs occupants en situation de handicap. Et enfin, en contribuant à la rénovation de 21 074 immeubles en copropriété.

Au total, les aides financières déployées par l’agence durant cette période ont atteint 700,4 millions d’euros. Outre les propriétaires qui ont été les plus grands bénéficiaires, à raison de 624,3 millions de contributions, l’ingénierie a aussi bénéficié de 59,9 millions d’euros.

Tandis que 13 millions d’euros ont été octroyés aux opérations de RHI (résorption de l’habitat insalubre) et 3,2 millions ont été attribués à l’humanisation des centres d’hébergement.


À savoir, les subventions sont estimées à 35 ou 50% du montant hors-taxe des travaux. La première remise est offerte aux ménages à ressources modestes avec un plafonnement de 7 000 euros. À cela s’ajoute un autre rabais de 10% HT limité à 1 600 euros provenant de l’État ainsi qu’un soutien financier de la part de la municipalité, du conseil régional ou départemental.

La seconde, plafonnée à 10 000 euros, revient aux foyers très précaires avec en sus une prime d’État de 10% également, mais pouvant atteindre jusqu’à 2 000 euros.

La rénovation de copropriété, quant à elle, n’est pas en reste puisque les dépenses collectives liées aux travaux peuvent être réduites jusqu’à 25% HT, plafonné à 5 250 euros par logement et s’accompagnant d’une gratification de 1 500 euros.

De plus, une AMO (assistance à maîtrise d’ouvrage), payée à hauteur de 180 euros par logement, est prodiguée durant toute la durée du chantier afin d’aider les copropriétaires à mieux gérer le syndicat et tout ce qui l’entoure.