Le chroniqueur Christopher Dembik rappelle la place qu’occupe l’immobilier dans l’économie américaine. La dépendance est telle qu’une baisse des activités dans le secteur peut entraîner un ralentissement économique. Le risque de récession est même pris en compte actuellement. Pour l’heure, la probabilité reste faible, mais elle n’est pas exclue du scénario.

Un article dédié au magazine en ligne Capital a permis à Christopher Dembik de faire le point sur l'économie américaine. Le chroniqueur met notamment l'accent sur son interdépendance avec le secteur immobilier. Elle risque ainsi d'être ébranlée face au ralentissement subi à ce jour par la filière. Le contexte économique ne permet pas pour l'instant d'espérer une reprise, bien au contraire. Christopher Dembik fait part des difficultés qui pourraient se maintenir sur le court ou le moyen terme. La production de logement est en effet en baisse. Le nombre d'acheteurs suit la même tendance alors que le prix grimpe. L'évolution du secteur dans les prochaines semaines déterminera celle de l'économie.


Le stock de biens en baisse

Les professionnels estiment à 20 % le niveau de récession qui pourrait être atteint aux États-Unis. Christopher Dembik préfère pour l'instant mettre de côté l'éventualité d'un tel phénomène. La baisse de la croissance est toutefois inévitable selon lui. Elle risque d'ailleurs d'être plus importante que celle mise en avant par les observateurs, en particulier pour l'année 2023.

En effet, les États-Unis font actuellement face à une diminution drastique du nombre de logements en stock. Avec 2,6 millions de biens proposés à la vente, le niveau est identique à celui de 2017. De plus, les mises en chantier et les demandes de permis ont baissé en parallèle. Un recul de 14,4 % a été relevé pour les premières et 7 % pour les secondes en mai 2022.

Une telle baisse peut avoir des conséquences sur des marchés qui dépendent de l'immobilier, dont celui de l'assurance.

Les clients peuvent demander un devis assurance habitation pour connaître le montant de la prime mensuelle.

La baisse du stock de logements s'accompagne d'une hausse du prix. Il a crû de 40 % en moyenne au niveau national depuis le début de la crise sanitaire. Le prix médian a par ailleurs bondi de 15 % en mai 2022 pour se situer à 408 000 euros. Cela représente une situation inédite aux États-Unis.

Les promoteurs immobiliers peinent à trouver des acheteurs

Les ménages sont confrontés à l'envolée du taux immobilier. Celle-ci a été portée par la décision prise par la Fed de revoir sa politique monétaire. Ce qui fait que les établissements prêteurs proposent aujourd'hui un taux supérieur à 6 %.

La possibilité de verrouiller le taux d'emprunt a été évoquée, mais une telle décision aura des impacts sur l'économie. Cela consiste à le maintenir tel qu'il est jusqu'à la signature du contrat par le client. En mai 2022, les ventes pour les logements bâtis ont chuté de 3,4 %. Au total, 5,4 millions de biens ont été légués à leurs nouveaux propriétaires. Le taux de cette baisse est de 17 % en partant de janvier 2022. Le Midwest, le sud et l'ouest étant les zones les plus touchées par ce recul.

Des sociétés d'envergure comme Redfin ou Lennar ont déjà lancé des alertes. Certains acteurs sont allés jusqu'à diminuer le prix ou proposent des offres exceptionnelles dans certaines localités. L'objectif étant de redynamiser les ventes. Pour le moment, il s'avère difficile d'évaluer les effets de ces politiques.

La situation laisse néanmoins présager un ralentissement de l'activité dans le secteur immobilier dans les mois à venir. Reste à savoir quelle sera l'ampleur de cette baisse et ses répercussions sur l'activité économique.