Venise a vécu un véritable cauchemar durant toute la semaine du 11 novembre. À un moment, le beau patrimoine mondial se trouvait même immergé jusqu’à 1,87 m à cause d’un « acqua alta » dont l’intensité n’a pas eu son pareil au cours des cinq dernières décennies. Une situation qui ne laisse pas le gouvernement italien sans réaction.

L’état d’urgence a été décrété mi-novembre pour Venise en raison des marées hautes successives qui se sont abattues sur la ville, intensifiées par de vents violents. L’une d’elles, survenue mardi 12 novembre, a été la plus spectaculaire et la plus dévastatrice avec une hauteur de près de deux mètres.

De fait, bon nombre de structures ont été submergées, sans parler des moyens de locomotion endommagés ainsi que d’un décès. Aucun doute, la cité des Doges a été mise à genoux et s’en sort tant bien que mal aujourd’hui, affichant un niveau des eaux quelque peu à la baisse.

Le Premier ministre Giuseppe Conte ne se tarit d’ailleurs pas en projet afin de remettre la ville sur pieds. Pour ce faire, il a même prévu de contribuer à la mobilisation de fonds, et ce, le plus rapidement possible.


De grandes crues pour le moins dévastatrices

L’acqua alta n’est plus étrangère aux Vénitiens, d’autant que la période pendant laquelle le phénomène survient dure plus d’un semestre sur deux, soit entre mi-septembre et mi-avril. Toujours est-il que la deuxième semaine de ce mois n’a pas été facile pour la ville.

En effet, si cette dernière a l’habitude d’avoir les pieds dans l’eau, les hautes marées du 12 au 17 novembre l’ont inondé à 80%. Du moins, c’est ce qu’a estimé Luca Zaia, le gouverneur de la région.

Concrètement, ce sont des eaux d’une hauteur de 1,87 m, un niveau record depuis 53 années (1,94 m en novembre 1966) qui ont envahi les lieux, suivies de trois autres crues au cours de la même semaine, dont celles de la soirée du mercredi 13 où le pic de marée haute s'est arrêté heureusement à 77 cm alors que tout le monde s’attendait à une élévation de 1,20 m.

À savoir, la montée du niveau de la mer Adriatique est telle que plusieurs monuments historiques ont été dévastés, notamment des églises et des musées, mais aussi des commerces, des hôtels et des restaurants.

Un contexte qui alourdira, sans aucun doute, les charges des fournisseurs d’assurance habitation multirisque qui auront à indemniser les propriétaires de ces bâtiments.


En outre, bon nombre de moyens de locomotion tels que les vaporetti et les gondoles se sont retrouvés piégés par les grandes crues. Des problèmes d’électricité ont été également enregistrés, s’apparentant par exemple à des coupures survenant dans toute la cité. Sans oublier les risques d’électrocution qui a occasionné, dans son domicile, le décès d’un septuagénaire.

En gros, ce sont alors 400 interventions que les 160 sapeurs-pompiers, mobilisés durant ces graves inondations, ont réalisées.

Les réactions ne se font pas attendre du côté du gouvernement

Jeudi 14 novembre dernier, l’une des plus belles villes du monde vient d’être placée en état d’urgence pour catastrophe naturelle. Grâce à cette initiative, le gouvernement italien espère pouvoir mobiliser des fonds, le plus rapidement possible.

Ceux-là permettraient de redorer la belle Sérénissime. Au Premier ministre italien, Giuseppe Conte, d’annoncer lors de son passage dans les lieux dévastés :

« La catastrophe qui a frappé Venise est un coup porté au cœur de notre pays. Cela fait mal de voir la ville aussi endommagée, son patrimoine artistique compromis, les activités commerciales à genou »

Aussi, n’a-t-il pas manqué de préciser après le conseil des ministres qui s’est tenu dans la capitale, que :

« Nous sommes prêts à y consacrer de premiers fonds »

De même sur les réseaux sociaux - plus précisément sur sa page Facebook – qu’une rencontre a également eu lieu à la préfecture vénitienne afin d’opérer aux premières constatations sur les dégâts et, par la suite, réfléchir aux premières solutions.