Le confinement a été une expérience globalement positive pour les Français. En revanche, cette situation particulière a renforcé les disparités qui existaient au sein de la société : logement, inégalités de genre, etc. Des sondages rapportent par ailleurs que cette période a été mal vécue par les femmes et les ménages les plus modestes.

Des différences flagrantes en matière de qualité d'habitat

Selon les statistiques, plus de quatre millions de Français habitent dans des logements indécents, 150 000 n'ont pas de domicile et 900 000 sont en situation de surpeuplement.

Le confinement a également permis de relever les différences entre les logements ordinaires. Une récente étude rapporte une corrélation entre la catégorie socio professionnelle et la superficie des logements.

Les cadres et les professions intermédiaires disposent notamment d'une superficie 1,5 à 2 fois plus grande que les ménages d'ouvriers ou d'inactifs. Ils sont 67 % à occuper un appartement avec une terrasse ou un balcon, contre seulement 36 % chez les ouvriers. Enfin, près de 40 % d'entre eux jouissent d'un logement sans vis-à-vis. Ce qui n'est pas le cas des inactifs qui habitent principalement dans des zones donnant sur une vue urbaine dense.


Il convient toutefois de souligner que plus d'ouvriers et d'indépendants habitent en maison individuelle que les cadres qui vivent principalement en zone urbaine. Ainsi, contrairement aux idées reçues, très peu de ménages aisés disposent d'un espace extérieur, et inversement pour les classes populaires.

Le confinement a entre autres soulevé de nombreuses questions autour de l'assurance habitation. Des situations inédites sont survenues pendant cette période. C'est le cas par exemple des ménages qui ont prévu de déménager et qui n'ont pas pu le faire à cause de cette mesure.

Renforcement des inégalités de genre

Le confinement a par ailleurs renforcé la vulnérabilité des individus isolés. Il faut savoir qu'en France, 10,5 millions de personnes résident seules, dont 25 % de seniors de plus de 75 ans et 9,6 % vivant en dessous du seuil de la pauvreté. Le confinement a été une période difficile pour ces ménages tant sur le plan psychologique que d'un point de vue pratique.

Le confinement a aussi accentué les inégalités de genre au sein du foyer. En effet, si en temps normal, les femmes s'occupent de 64 % des tâches ménagères et de 71 % des fonctions parentales, leurs charges de travail correspondantes se sont accrues pendant cette période.

Un couple sur trois rapporte ainsi des tensions concernant la répartition des tâches ménagères au cours du confinement.

Enfin, il s'avère que cette période particulière a été moins bien vécue par les femmes que par les hommes. Selon un sondage, près d'une femme sur quatre en couple avec enfants et environ une femme sur cinq sans enfants se déclarent « peu ou pas satisfaites » de cette expérience.