D’après la Fondation Abbé Pierre, 4 millions de Français sont actuellement victimes de mal-logement. Ce terme englobe les personnes vivant dans la rue, un abri improvisé, un centre d’accueil d’urgence, des conditions d’insalubrité ou un logement surpeuplé. Les ménages résidant dans des logements « ordinaires » ne sont pas pour autant épargnés par l’inégalité.

Les professionnels de l'assurance habitation tiennent compte de nombreux critères pour déterminer les primes de leurs clients, de la surface habitable à l'environnement direct du bâtiment. Ces paramètres se révèlent également décisifs vis-à-vis de la qualité de vie des occupants. Toutefois, un logement agréable à vivre a un coût. Ainsi, l'habitat d'un ménage dépend foncièrement de ses revenus.

Selon les derniers chiffres l'Insee, près de 65 millions de Français ont pour résidence principale des logements considérés comme ordinaires (c'est-à-dire non insalubres, non dangereux, etc.). Ils représentent aujourd'hui 29 millions d'habitations à travers l'Hexagone, hors établissements spécialisés et institutions (prisons, résidences universitaires, etc.). Les différences sont donc assez tangibles.

De grandes différences dans le voisinage

L'impact du voisinage sur la qualité de vie d'une personne est plus perceptible en cette période de confinement. Ce facteur peut en effet rendre son quotidien agréable ou invivable. L'occupant ne s'en rend pas nécessairement compte lorsqu'il passe la plupart de son temps dehors. Une fois confiné, il aura l'occasion d'évaluer la qualité de son environnement.


En général, les ménages avec un revenu relativement faible (ouvriers, employés, etc.) vivent trois fois plus souvent à proximité de parcs sociaux et de cités, par rapport aux cadres et catégories intermédiaires. Par ailleurs, la vue depuis le logement varie significativement en fonction de l'appartenance sociale des occupants.

Le plus souvent, elle se résume à des immeubles et à des ensembles urbains denses pour les inactifs, les employés et les ouvriers. Ce phénomène est d'autant plus répandu lorsqu'ils vivent dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants.

Les catégories socioprofessionnelles supérieures, en revanche, ont moins souvent de voisins. D'ailleurs, 40 % n'en ont tout simplement pas. En cas de vis-à-vis, il s'agit généralement d'immeubles bas ou de maisons individuelles.

D'autre part, les classes populaires sont plus souvent confrontées à des bruits au quotidien (37 %), contrairement aux ménages composés de cadres. Ces nuisances sonores viennent le plus souvent des voisins : 43 % chez les employés, contre 28 % chez les plus aisés.

Des écarts significatifs en matière de conditions de vie

Les ménages d'ouvriers ou d'employés habitent le plus souvent dans une maison. Les cadres et les intermédiaires, en revanche, vivent davantage dans des appartements. En effet, leurs emplois sont généralement concentrés dans les grandes agglomérations urbaines. Ils disposent toutefois d'une surface habitable plus importante par personne par rapport aux catégories populaires.


Ce critère constitue d'ailleurs la différence la plus notable entre les ménages privilégiés et les autres. Les écarts constatés sont de l'ordre de 10 m² en moyenne. Les cadres disposent en effet de 46 m² par individu, contre 35 m² pour les foyers les plus modestes.

Au-delà des chiffres, cette inégalité en matière de superficie se traduit par une grande différence au niveau de l'expérience du logement. Concrètement, un couple de cadres bénéficie en moyenne de 92 m², tandis que deux employés auront seulement accès à un 70 m².

Ainsi, l'espace de vie du ménage se retrouve réduit ou augmenté de manière conséquente. De plus, la superficie abordable pour chaque profil influera nettement sur le partage des zones à usage collectif comme la salle de bains ou la cuisine. Les ménages les moins lotis peuvent ainsi souvent se retrouver dans des conditions de surpeuplement graves ou temporairement admissibles.

Outre sa superficie, un logement s'apprécie également par sa localisation, son environnement visuel et sonore immédiat ainsi que les éventuels accès à l'extérieur. Ces différents critères, surtout le dernier, se révèlent réellement appréciés en cette période de confinement.