À Ajaccio, 9 ménages sur 10 habitent en appartement dans certains quartiers comme celui des Cannes. Une condition qui a souvent rendu le confinement plus difficile. De nombreux habitants de Bastia ont également mal vécu les deux mois d’enfermement. Deux études sur le sujet ont été récemment publiées par la branche corse de l’Insee.

En signant un bail ou en souscrivant une assurance habitation, les occupants d'un logement ne se rendent pas toujours compte de son inadéquation avec leurs besoins ou la taille de leur famille. Durant le confinement, de nombreux Français ont pris conscience de leurs conditions de vie.

Bien de personnes habitant en appartement ont mal supporté les deux mois d'isolement. En effet, ce type de logement a généralement un accès limité à l'extérieur et est plus exposé aux problèmes de suroccupation. Cette situation s'est surtout ressentie lorsque tous les membres de la famille se sont retrouvés simultanément bloqués à l'intérieur depuis l'instauration des mesures de quarantaine.

Un déconfinement compliqué

À travers les deux études publiées récemment, la branche locale de l'Insee en Corse s'est focalisée sur les conditions de vie des citadins durant le confinement et le retour à la vie normale dans les villes. Les auteurs de ces travaux ont essentiellement observé la tendance à Bastia et à Ajaccio. Ils indiquent que les conflits concernant les gardes d'enfants risquent de se multiplier à l'avenir.


Selon ces études :

La période du déconfinement et de la reprise d'activité peut également s'avérer problématique notamment pour la question de la garde des enfants.

Ces différends pourraient concerner un quart des ménages dans les deux villes corses, y compris les familles monoparentales et les couples d'actifs avec un enfant.

Toutefois, ce problème est sans commune mesure avec la suroccupation des logements, un phénomène très courant sur l'île. La proportion de ces habitations est estimée à 7,3 % dans les villes corses, contre seulement 3 % en moyenne en France. Le taux de logements suroccupés atteint même 19 % dans le quartier de la Citadelle à Bastia.

Comme le notent les auteurs des enquêtes :

La situation peut être d'autant plus délicate avec de jeunes enfants, en particulier pour les occuper ou assurer une continuité pédagogique.

Une période qui a aggravé le sentiment d'isolement des plus fragiles

Le confinement a été particulièrement difficile à vivre pour les personnes seules. Le sentiment de solitude a en effet tendance à être exacerbé par l'enfermement. Les défis sont également plus importants pour les populations en situation de dépendance ou de précarité.

Comme le soulignent les auteurs des études de l'Insee, relayés par Corsematin :

[…] les personnes vivant seules peuvent être particulièrement vulnérables, notamment lorsqu'elles sont âgées, ou en situation de pauvreté ou de handicap. L'isolement est en effet susceptible d'avoir des conséquences sur le moral, mais aussi la santé et peut complexifier les actes indispensables de la vie quotidienne.

Selon l'Insee, 5 800 habitants de Bastia ont vécu seuls durant le confinement. Ils étaient 8 000 dans la ville d'Ajaccio. De plus, l'isolement était souvent associé à d'autres conditions de vulnérabilité (problèmes de santé, fragilité financière, etc.). À Ajaccio, 24,1 % des individus seuls se situent sous le seuil de pauvreté. Cette proportion augmente à 30 % dans les quartiers bastiais de la cité Aurore et Paese Novu.

Le plus souvent, les seniors représentent une large part La proportion de ces habitations est estimée à 7,3 % dans les villes corses, contre seulement 3 % en moyenne en Francees personnes seules en France. En Corse, 45 % des Bastiais et des Ajacciens vivant seuls sont âgés de 65 ans et plus.