En matière de crédits immobiliers, cette année marque la mise en application du décret transformant les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière en obligations. Mais cet état de fait modifie-t-il effectivement les conditions de financement ? De prime abord, les exigences du HCSF en elles-mêmes ne semblent pas avoir un grand impact, mais en parallèle, les banques ont rajouté de nouvelles conditions.

Aucun impact sur les taux

Même en étant obligés de suivre à la lettre les recommandations du Haut conseil de stabilité financière, les établissements bancaires n'ont pas trouvé pertinent le fait de remonter leurs taux.

Ces derniers sont restés à un niveau exceptionnel et garantissent aux emprunteurs, du moins aux meilleurs profils, des conditions de financement toujours très intéressantes pour leur projet immobilier.

Et la politique des taux bas pourrait encore s'inscrire dans la durée, les banques s'étant fixé comme objectif de réaliser les mêmes performances qu'en 2021 (année de tous les records) en termes de volume de crédits octroyés.

Les jeunes et les primo-accédants à la peine

Plutôt que de se concentrer déjà sur le comparateur assurance habitation, le jeune qui aspire à la propriété serait plus inspiré d'étudier d'abord les véritables conditions imposées par les banques pour les crédits immobiliers. Parce que, de manière indirecte, la transformation des recommandations en obligations a rendu les banques plus vigilantes.

Ainsi, depuis peu, il est constaté que les organismes de crédit privilégient les dossiers comportant un apport personnel conséquent, même s'ils se gardent bien de qualifier l'apport comme obligatoire. Une bonne situation professionnelle ni un bon niveau de revenus ne suffisent donc plus à convaincre les banques de financer les projets immobiliers .

Dans ces conditions, les ménages aux revenus modestes se retrouvent pratiquement évincés du marché du crédit immobilier. Le jeune primo-accédant fait également face aux mêmes difficultés dans sa quête de financement.

Les ménages aisés n'en sont pas moins épargnés, dès lors qu'ils cherchent à effectuer un investissement locatif ou à acquérir une résidence secondaire. Pour cette catégorie d'emprunteurs, il est permis de parler d'une conséquence directe des recommandations du HCSF puisque, dans la majorité des cas, c'est le taux d'endettement limité à 35 % qui est pénalisant.