Les emprunteurs au sein du Crédit Mutuel peuvent désormais se passer du questionnaire de santé. L’enseigne l’a supprimé depuis le 11 novembre 2021. Malgré cette décision, aucune hausse tarifaire n’est à prévoir pour l’instant en matière d’assurance. Cependant, la situation pourrait changer si d’autres établissements bancaires se décident d’agir comme le groupe mutualiste.

Pendant leur demande de crédit, les emprunteurs étaient depuis des années obligés de remplir un questionnaire médical. Mais depuis cinq ou six mois, Crédit Mutuel étudiait la possibilité de supprimer ce document. Le 11 novembre dernier, la société a déclaré à travers son président avoir pris cette décision. Celle-ci profitera notamment aux clients présentant des problèmes de santé, qui se sentent souvent marginalisés.

Face à cette initiative du groupe mutualiste, d'autres réseaux bancaires pensent à le suivre dans cette démarche. C'est notamment le cas de Crédit Agricole qui affirme vouloir agir contre la démutualisation du risque. Un processus qui met les plus démunis dans une position désavantageuse.


Crédit Agricole soutient l'accès de tous à l'assurance

La Banque verte indique également vouloir que tous accèdent à l'assurance et soutient être favorable à :

[…] Une évolution du cadre réglementaire qui imposerait des grilles tarifaires plus resserrées et une part significative de risques aggravés dans le portefeuille de chaque assureur.

D'après les experts, un tel phénomène engendrerait de grands impacts sur l'octroi des prêts immobiliers. Ce qui se répercuterait sur la réalisation de projets, et donc sur les demandes de devis assurance habitation.

Au sein d'un comparateur d'assurance emprunteur, l'on prévient :

Ce serait la fin du courtage en crédit immobilier en cas de généralisation d'une telle mesure - qui va se tourner vers une autre banque alors qu'on peut souscrire à une assurance tout en étant fumeur, diabétique ou en surpoids sans avoir le signaler ? - et donc la fin de la mobilité bancaire.

Cet instrument de fidélisation constitue, estime-t-il, une façon de parer à la résiliation à tout instant de l'assurance emprunteur. Un droit défendu par la députée Patricia Lemoine, mais auquel les établissements bancaires s'opposent.

Le tarif de l'assurance emprunteur pourrait augmenter

Pour Crédit Mutuel, la fin du questionnaire de santé coûtera 40 millions d'euros pour les nouveaux crédits octroyés. Par rapport aux contrats déjà conclus, ce montant s'établit à 30 millions d'euros. Chaque année, le coût est donc évalué à 70 millions d'euros. Il résulte donc de la suppression de la cotisation supplémentaire pour les clients en mauvaise santé. Ce chiffre représente 0,4 % du produit net bancaire de la société, estimé à 17,5 milliards d'euros.

Le groupe mutualiste financera la décision qu'il a prise en réduisant ses revenus. Il souligne ainsi que celle-ci ne retombera pas sur les demandeurs de crédit en bonne santé. Pour ces clients, aucun redressement tarifaire pour l'assurance emprunteur n'est alors à craindre. Toutefois, l'organisme pourrait appliquer une prime additionnelle au cas où les autres grandes institutions bancaires l'imitent. Cette cotisation mensuelle tournerait autour de 1 ou 2 euros, précise-t-il. Pour un prêt de 20 ans, elle coûtera donc au total entre 240 et 280 euros.