L’emploi intérimaire a été rudement touché par la crise sanitaire et économique engendrée par la pandémie de coronavirus. Conséquence, les impayés de loyers ont augmenté dans les HLM du Grand Poitiers. C’est ce que révèle l'OPH (Office public de l'habitat) de la communauté urbaine, Ekidom. Le total des loyers dont les locataires doivent encore s’acquitter s’élève à 250 000 euros.

Chaque mois, les locataires doivent régler diverses charges fixes, dont le loyer et l'assurance habitation. Depuis la crise sanitaire, nombre d'entre eux éprouvent des difficultés à s'en acquitter. En effet, cet événement historique a entraîné une baisse de ressources considérable pour les travailleurs. Dans les principaux pays de la zone euro, les revenus des salariés ont diminué de 7 % pendant le confinement selon la BCE (Banque centrale européenne).

Pire, certaines personnes ont carrément perdu leur emploi. Les intérimaires sont les premiers concernés par cette situation. Leur secteur a en effet enregistré plus de 500 000 suppressions de poste au cours des premières semaines de confinement.


Une conséquence directe de la crise sanitaire

Ekidom explique la hausse du nombre d'impayés dans les HLM du Grand Poitiers par l'effondrement de l'intérim provoqué par la pandémie. La directrice générale de l'organisme, Stéphanie Bonnet, indique :

[…] nous craignons que la hausse se poursuive d'ici la fin de l'année, voire début 2021, par rapport à l'impact économique au niveau national s'il n'y a pas de reprise.

Lorsque leurs impayés s'élèvent tout au plus à 3 mois, les locataires sont considérés comme dans une situation de dette naissante. Dans ce cas, ils peuvent bénéficier d'un plan d'apurement mis en place par Ekidom et visant à résoudre le problème rapidement.

Au-delà de 3 mois d'impayés, les locataires n'accéderont plus à l'APL (Aide personnalisée au logement). En effet, le bailleur social est légalement tenu de communiquer leur identité à la Caf. Cette dernière supprimera alors les droits des allocataires concernés.

Pour éviter une telle situation, Stéphanie Bonnet encourage les locataires à joindre rapidement les conseilleurs de l'OPH du Grand Poitiers dès qu'ils peinent à payer leurs loyers.

Vers une amélioration de la situation ?

Le parc de logements sociaux du Grand Poitiers compte 12 000 biens accueillant pas moins de 36 000 occupants. D'après Ekidom, 2 700 d'entre eux font actuellement face à une situation d'endettement. Le bailleur social note que ce chiffre est assez stable. En revanche, la somme totale des loyers impayés a augmenté, s'établissant désormais à 250 000 euros. Stéphanie Bonnet commente :

Pendant le confinement, on a pu maintenir un certain niveau de règlement des loyers quasi identique au début d'année et là, depuis quelques mois, on voit une augmentation des impayés à hauteur de 6 % par rapport au début d'année.

Le redémarrage de l'activité dans l'intérim pourrait apporter une amélioration. Il faut savoir que depuis la fin du confinement, ce secteur affiche une reprise encourageante. Certes, les principaux pourvoyeurs d'emplois intérimaires (automobile et aéronautique notamment) ont eu des difficultés à se relancer. Cela dit, d'autres domaines misent désormais les contrats de travail temporaire, car ils ne disposent pas d'une visibilité suffisante sur leur marché.