En raison des effets de la crise sanitaire, de nombreux Français affirment avoir des difficultés à s’acquitter de leurs loyers ou des mensualités de leur crédit. Ces problèmes concernent actuellement 5,9 % des locataires et 17 % des bailleurs particuliers. Ces personnes s’efforcent néanmoins de trouver des solutions pour éviter de compliquer davantage la situation par des litiges.

Les locataires et les propriétaires doivent s'acquitter de différentes charges liées à l'immobilier, dont les loyers, les impôts, les primes d'assurance habitation, etc. De nombreux bailleurs comptent d'ailleurs sur les loyers pour procéder au remboursement de leur prêt bancaire. Ainsi, les dettes locatives sont problématiques pour toutes les parties concernées.

Cependant, la crise sanitaire a ébranlé la situation financière de la plupart des ménages français, malgré les différentes mesures déployées par l'exécutif. De ce fait, les locataires craignent de ne plus pouvoir payer les sommes dues aux bailleurs qui redoutent, de leur côté, les échéances de remboursement fixées pour leur crédit.

Les banques consentent à assouplir les modalités de remboursement

D'après une étude récente, plus de 51 % des détenteurs de crédit immobilier comptent demander des facilités de remboursement ou un report de mensualités auprès de leur banque. D'habitude, les reports sont autorisés pour les remboursements à partir de 12 à 24 mois et limités à 12 mensualités. Ces conditions figurent généralement dans le contrat souscrit pour le prêt.


Néanmoins, selon le cofondateur d'une société de courtage spécialisée dans le crédit immobilier :

[…] certaines banques sont aujourd'hui plus souples et proposent de suspendre le remboursement des mensualités sans aucune condition. Cette démarche est gratuite, mais il faudra payer néanmoins des intérêts supplémentaires liés au report des mensualités.

Par ailleurs, ces démarches ne concernent pas seulement les prêts immobiliers. 29,9 % des détenteurs de crédit automobile et 28,3 % des souscripteurs de crédit à la consommation envisagent aussi de demander des aménagements ou de reports de remboursement. D'ailleurs, pour respectivement 23,1 % et 23,7 % d'entre eux, la demande a déjà été déposée ou est en cours de préparation.

Les locataires comme les bailleurs doivent fournir des efforts

En cas d'impayés, les médiateurs et les professionnels de l'immobilier invitent les parties en présence à privilégier le dialogue avant d'entrer en contentieux en vue d'une expulsion locative. Les occupants ont notamment intérêt à contacter leurs propriétaires le plus tôt possible pour essayer de trouver un terrain d'entente.

Eu égard au contexte actuel, les bailleurs devraient également faire preuve de solidarité, par exemple, en diminuant exceptionnellement les loyers ou en étalant le versement des impayés. Comme l'explique le cofondateur de Garantme, Thomas Reynaud :

Le risque pour un locataire qui ne paierait plus du tout, c'est de voir sa dette augmenter très vite, et ce sera encore plus difficile à rembourser que si par exemple il s'acquitte de 30 %, 50 % ou 80 % de son loyer.

Cette initiative peut également se révéler décisive pour un propriétaire qui doit rembourser un crédit. Selon la plateforme Garantme, les impayés et les retards de versement de loyers ont augmenté de 30 % pendant la crise sanitaire.