Ces derniers mois de sécheresse risquent de laisser de lourds dégâts à plusieurs logements

Les maisons bâties dans le sud du bassin parisien, dans la région d’Apt, sur la plaine des Flandres et sur l’ensemble des coteaux du sud-ouest, du département d’Agen à Toulouse, font partie de celles qui peuvent subir les conséquences du retrait-gonflement. Ce phénomène se produit en effet dans les régions à roches sédimentaires à la suite de fortes chaleurs.

La sécheresse cause alors une dilatation ou une rétractation de la roche, entraînant des fissures sur les façades de la maison ou sur le carrelage. Depuis 1989, un tel risque a été reconnu au moins une fois dans 8 500 communes françaises environ, localisées dans 90 départements.


Les maisons individuelles sont les plus touchées

Il est important de bien se renseigner sur la nature du sol avant d’acheter son logement, que ce soit auprès de la mairie ou de la préfecture. Cela permettra de statuer sur un état de catastrophe naturelle lié à un retrait-gonflement pour la localisation concernée. Une observation méticuleuse du logement sera également nécessaire pour détecter d’éventuelles traces de fissures ou de déformation.

Néanmoins, la présence d’un tel risque ne doit pas être un frein à l’achat. Le connaître permet en revanche de prendre les précautions nécessaires, avec la mise en place de mesures géotechniques préventives par exemple. En effet, les impacts peuvent être importants sur les maisons qui en sont touchées.

Le retrait-gonflement entraîne le plus souvent des fentes et des lézardes, avec des traces visibles sur la façade de la maison.

Les propriétaires peuvent également constater ces fissures sur les dallages, sur le carrelage ainsi que des décollements au niveau des éléments jointifs de leur terrasse, du perron ou du garage. Dans certains cas, une rupture des canalisations souterraines et une fuite d’eau auront également lieu.

Ces dommages sont susceptibles d’affecter environ 4,5 millions de maisons individuelles construites dans des régions classées en aléa moyen ou fort. Pour ce type de construction, les risques sont particulièrement plus élevés par rapport aux immeubles. Par ailleurs, le coût des réparations peut atteindre des dizaines de milliers d’euros.


Des dommages qui coûtent cher aux assureurs

Mais les propriétaires ne sont pas les seuls à être concernés. Les assureurs sont également impliqués, en particulier pour les logements couverts par une assurance multirisque habitation. En effet, un sinistre sécheresse coûte en moyenne 25 500 euros aux compagnies d’assurance, soit trois fois plus que le coût des dommages causés par les inondations.

Les coûts d’indemnisation les plus élevés ont été relevés dans près de 10 départements français. Quatre d'entre eux se trouvent en région parisienne. Il s’agit des Yvelines, de la Seine-et-Marne, de l’Essonne et du Val-de-Marne.

Pour bénéficier de l’indemnisation, les propriétaires doivent envoyer une déclaration de sinistre à leur assureur, après avoir constaté la présence de fissures sur certaines parties de leur logement. La compagnie d’assurance mandatera ensuite un expert qui pourra évaluer la nature et l’origine des dégâts.

Les assureurs acceptent d’indemniser un logement uniquement si la commune a reconnu un état de catastrophe naturelle durant la période où les dégâts sont apparus.

La démarche implique le dépôt d’une déclaration auprès de la mairie. Les propriétaires ont 18 mois pour le faire, à compter du début de la période de sécheresse. Passé ce délai, leur requête sera irrecevable.