L’immobilier est considéré comme étant une valeur sûre par les investisseurs, qu’il s’agisse de particuliers ou de professionnels. Cette opinion est aussi partagée par les acteurs institutionnels. Ainsi, la pierre fait souvent l’objet d’une ruée durant les périodes dominées par l’incertitude. Or, cette réaction est propice à la spéculation et à la formation d’une bulle financière.

Les bulles spéculatives sont redoutées en raison de leurs effets dévastateurs sur les activités concernées et l'économie en général. Si l'immobilier est touché, les répercussions du problème s'étendront aussi aux différents secteurs connexes tels que le marché de l'assurance habitation.

Le phénomène est caractérisé par une augmentation excessive et continue des prix sur le marché. Cette tendance est par ailleurs entretenue par la hausse de la demande et la recherche incessante de plus-values. Une fois parvenue à un seuil critique, la bulle éclatera, entraînant ainsi l'effondrement des cours dans le secteur considéré et un mouvement de désistement massif des investisseurs.

Un contexte favorable aux bulles immobilières

D'après les spécialistes, le risque de bulle immobilière est particulièrement important en ce moment suite à l'injection massive de liquidités dans l'économie. Cette situation pourrait renforcer la demande et stimuler l'investissement dans la pierre. Comme l'a indiqué le chef économiste chez Natixis, Patrick Artus :

Le bilan de la BCE va augmenter de 50 % cette année, du fait des mesures de soutien des banques centrales liées à la crise du Covid.

Pourtant, les différents acteurs concernés ne conserveront pas indéfiniment ces liquidités. Ils rechercheront nécessairement des actifs fiables ou du moins peu risqués. Cette démarche mènera certainement vers l'immobilier, reconnu traditionnellement comme une valeur refuge.


Dans ce scénario, les actifs dans le secteur seront plébiscités par les différents types d'investisseurs, même les institutionnels. Chacun s'efforcera d'ailleurs de multiplier ses allocations. Ce phénomène provoquera inévitablement une hausse excessive des prix. Selon les économistes, les ménages peuvent aussi alimenter cette bulle en essayant de protéger leurs capitaux de la crise.

Un secteur fragilisé par la crise du logement

Le problème de liquidités mis à part, les craintes des spécialistes reposent essentiellement sur l'état actuel du secteur immobilier. La crise du logement tend en effet à perdurer, entraînant ainsi une hausse continue des prix du mètre carré. Par ailleurs, les projets de construction se font de plus en plus rares.

De ce fait, les particuliers seront progressivement écartés du marché de l'immobilier. Ils risquent aussi de disparaître du secteur face aux retombées économiques de la crise sanitaire actuelle. La pandémie a notamment provoqué une hausse du chômage. En outre, les banques sont devenues plus strictes dans l'attribution de crédit.

L'éviction touchera d'abord les primo-accédants, selon les spécialistes. Par la suite, le marché immobilier sera dominé par les professionnels et les investisseurs motivés par les plus-values. Dans ce cas de figure, les prix ne cesseront d'augmenter de manière exagérée. Comme l'a expliqué le responsable de l'économie bancaire de BNP Paribas, Laurent Quignon :

On parle de bulle lorsque le niveau des prix et leur évolution ne sont justifiés que par des anticipations de plus-value future.