Comme de nombreux autres secteurs de l’économie, l’immobilier connaît un ralentissement en raison de la pandémie de coronavirus. Celui qui préside la Fédération nationale de l’immobilier, Jean-Marc Torrollion, estime que les Français vivant en zone rurale pourraient vouloir acquérir une maison, maintenant que le confinement a été levé. Mais qu’en sera-t-il des tendances du marché dans son ensemble ?

Avec le déconfinement, les agences immobilières redémarrent progressivement leurs activités. Il en est de même pour les établissements bancaires et les offices notariaux. Tous ces acteurs économiques espèrent une reprise du marché de la pierre. Les ménages se rueront-ils vers les annonces immobilières pour trouver un logement à acheter ? Il s’agirait d’une bonne nouvelle pour les distributeurs d’assurance habitation.

En tout cas, la plupart des vendeurs veulent conclure les contrats dans les plus brefs délais. Or, le dirigeant d’un courtier en prêt immobilier estime que la relance des visites pourrait inciter les potentiels acquéreurs à négocier les prix. La reprise sera ainsi quelque peu freinée pour l’activité transactionnelle.

Les professionnels de l’immobilier peuvent-ils espérer un redémarrage du secteur ?

L’un de nos experts, Maël Bernier, relate que les internautes continuent de s’informer sur les taux d’emprunt. De même, sur le site d’Orpi (premier réseau d’agences immobilières dans l’Hexagone), les requêtes comportant le mot « maison » ont augmenté. Sa présidente, Christine Fumagalli, précise qu’en l’espace d’un an, elles sont passées de 48 % à 52 %.


Elle ajoute que les intéressés ont étendu leur zone de recherche et qu’ils ne se limitent plus aux centres-villes. Ces faits signifient-ils que le désir de propriété est toujours présent chez les consommateurs ?

Les vendeurs et les acheteurs sont respectivement 83 % et pas moins de 68 % à vouloir réaliser leur projet immobilier jusqu’au bout, comme l’indique Christine Fumagalli. De son côté, le président de la première organisation des professionnels de l'immobilier, Jean-Marc Torrollion, souligne qu’aucun mandat n’a encore été résilié.

Vers une hausse du volume des transactions sur le marché ?

Le président du réseau Laforêt, Yann Jéhanno, avance que les clients prendront le temps d’analyser leur situation financière et de suivre l’évolution du marché. Il précise :

Les acheteurs veulent notamment savoir s’ils pourront reprendre les visites rapidement, s’il y a toujours aussi peu de biens à vendre ou si le Covid-19 va faire baisser les prix.

Concernant tout particulièrement leur budget, 57 % des potentiels acquéreurs envisagent de le maintenir. En revanche, 39 % d’entre eux projettent de le restreindre, d’après une enquête réalisée par un courtier entre les 25 et 30 avril derniers.

Il reste à savoir si les établissements bancaires contribueront au redémarrage du marché. Il se peut que l’élévation du taux de prêt immobilier encourage les acheteurs à effectuer davantage de recherches et à prendre rendez-vous pour une visite.