L’accroissement des habitations multigénérationnelles indique la difficulté que rencontrent de nombreuses personnes à être autonomes. Voilà ce qu’indique une étude réalisée par le cabinet Pew Research Center. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Mais la crise de 2009, et actuellement celle liée à la pandémie de coronavirus ne font qu’accélérer la tendance. Certains y trouvent néanmoins des avantages.

L'étude publiée par Richard Fry, un chercheur du cabinet Pew Research Center, en 2018 le confirme. En 10 ans, le nombre d'habitations intergénérationnelles a augmenté de façon exponentielle aux États-Unis. Leur proportion a atteint 33 % en 2016, alors qu'elle était à 23 % en 2007.

Selon cette étude, le nombre de jeunes adultes âgés de 25 à 29 ans vivant chez leurs parents ne cesse d'augmenter. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D'abord la crise de récession de 2009, puis aujourd'hui celle liée au coronavirus. Ce mode de vie devient une alternative pour s'en sortir. Reste à savoir l'impact en termes d'assurance habitation.


Une solution qui allège les parents

La cohabitation n'est pas toujours facile, notamment au début de l'installation. Toutefois, pour certains enfants et petits-enfants, vivre avec leurs aînés est source de sécurité émotionnelle. Naturellement, un lien fort se développe entre eux au fil des années, à partager la même maison.

Par ailleurs, cette cohabitation se présente parfois comme une solution pour éviter que les parents âgés vivent seuls. Aussi, ces derniers acceptent d'accueillir leur progéniture. En échange, celle-ci prend la responsabilité de s'occuper des parents lorsqu'ils ne seront plus capables de vivre indépendamment.

Dans ce contexte, la population vieillissante constitue un facteur qui multiplie le nombre de foyers multigénérationnels. La génération des baby-boomers propose d'aider les enfants, en attendant le moment où ces derniers pourront leur rendre la pareille. En pleine pandémie, ils s'improvisent baby-sitters, offrant une solution aux parents en télétravail. À noter qu'à l'heure actuelle, la plupart des écoles américaines restent fermées.

Ceci dit, l'habitation multigénérationnelle n'est pas un phénomène né de la crise du Covid-19. Elle a fait son apparition dans les années 80. Cela, suite à une vague d'immigration de populations hispaniques et asiatiques aux États-Unis. Pour elles, vivre ensemble est une habitude.

Agrandir la maison plutôt que d'emménager dans une nouvelle

Le nombre de foyers de ce type n'a fait qu'augmenter avec la crise de 2009. Il retrouve ainsi un niveau identique à celui de 1950. Il explose avec la crise économique actuelle, qu'entraîne le Covid-19.


Dans bien des cas, le choix est fait pour des raisons financières. Aussi, pour Richard Fry, cela montre qu'un grand nombre de jeunes adultes peinent à gagner leur vie. Les prêts étudiants étant à l'origine des difficultés rencontrées par de nombreux Américains.

Une personne sur cinq vivrait ainsi dans une maison multigénérationnelle outre-Atlantique. Et les foyers peuvent réunir trois générations différentes.

La rénovation de l'habitation est dans bien des cas nécessaire, pour le confort des occupants. Il s'agit même d'une condition sine qua non pour que chacun s'y sente bien, selon Dana Scanlon, agent immobilier travaillant dans la région de Washington.

Cette dernière confirme d'ailleurs l'augmentation du nombre de foyers intergénérationnels depuis mars 2020, date marquant le début de la pandémie. La présence de leurs aînés pouvant faciliter leur quotidien, les jeunes parents choisissent parfois d'agrandir et de personnaliser le logement familial, plutôt que d'emménager ailleurs.