Les assureurs annoncent des augmentations tarifaires dans les branches auto, santé et habitation en 2023. En ce qui concerne ce dernier segment, la révision est imposée par la multiplication des phénomènes climatiques depuis début 2022. Seule consolation pour France Assureurs, le taux de hausse est plus faible que l’inflation.

Les futures primes d'assurance habitation alourdies par des coûts de sinistres colossaux

Les dégâts causés par les phénomènes naturels successifs depuis le début de cette année. Averses de grêle, inondations, orages et incendies ont eu des coûts colossaux. D'après France Assureurs (FA),

Les 1,2 million de sinistres déclarés sur les sept premiers mois de 2022 représentent un coût total de 4,3 milliards d'euros.

Or, ces chiffres vont être pris en compte dans les calculs des primes applicables à partir du 1er janvier prochain. Les Français risquent en conséquence de payer plus cher pour cette couverture indispensable.

Propriétaires ou locataires auront intérêt à profiter de leur droit à la résiliation annuelle du contrat pour passer à une offre plus attractive, la comparaison étant facilitée par les outils de simulation d'assurance habitation en ligne.

Malgré ces prévisions pessimistes, Florence Lustman, la présidente cette fédération qui compte le plus de membres, assure que « les assureurs n'ont que partiellement répercuté l'inflation sur leurs clients ».

Elle rappelle à cet effet que « les prix de l'assurance n'ont été relevés que de 2,2 % sur un an en juin 2022, alors que l'Insee établit l'inflation annuelle à 5,8 % à la même date ». Ainsi, pour cette professionnelle, « en matière d'assurance, le marché tricolore est le plus concurrentiel d'Europe ».

D'ici à 2050, les experts estiment à 143 milliards d'euros le montant des dommages provoqués par les catastrophes naturelles.

Jusqu'à cette échéance, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) de la Banque de France estime que « les primes vont croître de 130 % à 200 % d'ici 30 ans ». Cette hausse sera portée notamment par l'alourdissement de la taxe « Catnat » appliquée aux contrats auto et habitation, laquelle va déjà gagner entre 1,5 % et 3,5 % cette année, à en croire les assureurs.


Des majorations attendues dans les branches automobile et santé

L'avenir s'annonce également sombre pour la branche automobile. La multiplication des technologies embarquées rend les modèles de plus en plus complexes, ce qui pèse sur le coût des pièces de rechange et des réparations. En conséquence, les primes ont enregistré une hausse continue ces dernières années.

Néanmoins, avec la crise sanitaire, les tarifs sont restés relativement stables.

  • D'une part, les ménages ont limité l'usage de leur voiture personnelle à cause des diverses restrictions, de la généralisation du télétravail, et de l'envolée des prix des carburants.
  • D'autre part, dans un contexte difficile pour la population, les compagnies d'assurance se sont limitées à des augmentations modérées, de l'ordre de 0,5 % à 2 %, contre +16 % sur la décennie entre 2010-2020.

S'agissant des complémentaires santé, des hausses variant entre 2 % et 6 % ont été observées cette année, mais avec des écarts importants liés à l'âge ou au lieu de résidence. Selon les experts,

Des hausses supplémentaires sont inévitables pour les mutuelles en raison d'une sophistication croissante.

Ils attribuent cette évolution à deux facteurs :

1. l'espérance de vie croissante des Français,
2. les progrès médicaux et scientifiques.

En parallèle, les acteurs de l'assurance santé négocient auprès de l'Exécutif un allègement de la fiscalité sur ce type de contrats, dans le but de stabiliser les prix.