Sur le plan de l’immobilier, la crise sanitaire semble ne pas arrêter les consommateurs fortunés. Sur le marché du luxe, les logements trouvent en effet rapidement preneurs. Depuis le début de cette année, deux villas affichées à plus de 30 millions d’euros ont par exemple été vendues. Ce qui constitue déjà une prouesse pour ce type de propriétés.

Avec la crise, les besoins ont légèrement évolué sur le marché de l'immobilier de prestige. Désormais, les investisseurs cherchent surtout un bien avec un jardin isolé spacieux, et à plus faible mesure, doté d'un bureau. Un critère de choix issu de la généralisation du travail à distance.

Au regard de ces exigences, la baie de Saint-Tropez coche toutes les cases, d'après les spécialistes. Ce secteur propose en effet des villas présentant une surface de 400 à 670 m2, disposant de terrains de plusieurs hectares. Et qu'ils soient redécorés par un architecte d'intérieur ou à moderniser, ces logements ne cessent d'attirer fortement les acheteurs.


Une situation d'exception

De ce fait, quelques propriétaires arrivent jusqu'à décliner des propositions à plus de 20 millions d'euros. Et pour Michaël Zingraf, fondateur de l'agence immobilière éponyme, il s'agit d'une situation inédite. Un constat confirmé d'ailleurs par un rapport de l'entreprise.

D'habitude, un seul achat de villa de prestige d'une valeur de plus de 30 millions d'euros est enregistré chaque année. Au début du mois de juillet dernier, les professionnels en recensaient déjà deux. Un chiffre qui suscite notamment l'enthousiasme dans la filière de l'assurance maison luxueuse.

Conclue dans les Parcs de Saint-Tropez, l'une des transactions a été évaluée à 33 millions d'euros. À titre indicatif, les villas se négocient aux environs de 5 millions d'euros minimum dans cette région. Et selon le groupe Michaël Zingraf, le prix de certaines demeures s'envole à 60 millions d'euros après rénovation. Pourtant, elles se vendent en moyenne à 10 ou 20 millions d'euros.

Dans ce contexte de hausse des acquisitions, celles enregistrées ailleurs dans l'Hexagone s'améliorent également, et spécialement en Touraine.

Moins de réussite pour les maisons familiales

Actifs dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, les riches consommateurs se tournent de plus en plus vers le littoral atlantique. La façade de l'Aquitaine et de la Bretagne progresse fortement. D'après Daniel Féau, 83 % des porteurs de projets dans l'immobilier de prestige voient la pierre française comme une valeur refuge. Soit un gain de 16 points comparé à 2019, révèle le spécialiste de ce marché.


Selon les professionnels, les logements familiaux affichent l'unique exception dans cette filière du luxe. Très convoités avant la survenance de la crise sanitaire, ils ne séduisent plus. La raison : seules quelques T2 ou T3 offrent un extérieur.

Dans l'ensemble, une étude de Daniel Féau montre une progression des ventes pour les maisons de plus de 3 millions d'euros. En détail, le montant total des transactions a explosé de 151 % entre janvier-juin 2021, comparé à la même période de 2019. Les demandes sont essentiellement tournées vers les appartements avec jardins ou terrasses et les hôtels particuliers.