Bon nombre d’observateurs tentent de prédire les conséquences de la crise sanitaire actuelle sur le marché immobilier. Ainsi, certains essaient de s’appuyer sur les premiers chiffres officiels décrivant l’état du marché au premier trimestre. Mais comme ces données concernent seulement le début de l’épidémie, elles s’avèrent insuffisantes pour mesurer avec précision les impacts du confinement.

Il faudra du temps

Aussi bien les professionnels de l'immobilier que les ménages aspirants à la propriété attendent impatiemment de voir comment va évoluer le marché de l'immobilier. Nombreux sont ceux qui guettent les indices pour essayer de savoir à l'avance si les prix vont descendre, si les taux de crédit vont remonter ou si la demande va être au rendez-vous.

À l'heure actuelle, la seule certitude avancée par les agents et courtiers immobiliers est que les chiffres record de l'année dernière ne seront pas réitérés. Après un arrêt quasi total du marché pendant près de deux mois, il sera difficile de dépasser à nouveau le million de transactions.


Un professionnel du secteur s'est néanmoins montré optimiste et affirme qu'

il sera encore possible d'atteindre les 900 000 ventes d'ici la fin de l'année. Mais il faudra pour cela que la machine redémarre le plus vite possible.

Le comportement des ménages et des banques influencera les prix

Avant la crise, les banques étaient déjà invitées par le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) à durcir leurs conditions d'octroi de crédits. L'objectif était de ralentir l'endettement galopant des ménages.

Mais le confinement a changé la donne et les banques ont intérêt à ce que les conditions restent avantageuses pour l'emprunteur. Ce sera, en effet, le seul moyen d'encourager les candidats à l'accession à concrétiser leur projet immobilier.

En 2019, la baisse effrénée des taux avait conduit à une flambée des prix. Mais en avril dernier, les banques ont, très légèrement, revu leur taux à la hausse. Si cette tendance se confirme, on devra enfin assister à un ajustement des prix.

Dans le cas où les conditions d'emprunt restent intéressantes, les acquéreurs potentiels seront plus enclins à finaliser leur achat. Mais ils ne se laisseront pas facilement convaincre. Au sortir du confinement, bon nombre de ménages donnaient la propriété à l'épargne et hésitaient à se lancer dans un projet nécessitant de gros moyens financiers.

L'achat d'un logement ne se limite pas à s'acquitter du prix de vente. D'autres charges comme les frais de notaires ou, à postériori, l'assurance habitation, vont venir alourdir la note.

Dès lors, il y aura certainement un décalage important entre le prix demandé par le vendeur et la somme que les ménages sont prêts à débourser. Ceci annonce des négociations houleuses.