La fréquence modérée des sinistres, ces dernières années, n’a pas empêché l’inflation des coûts d’assurance pour l’année prochaine. Les propriétaires de bien immobilier et de voiture seront, notamment, les principales concernées. Une majoration qui pourrait aller au-delà de la hausse des prix à la consommation, mais dont le ressenti serait moins lourd grâce à la libre concurrence promue par la loi Hamon.

Les cotisations requises pour pouvoir protéger sa voiture et sa résidence contre d’éventuels dommages corporels ou incorporels vont encore suivre son ascension l’an prochain.

Une tendance haussière qui a été observée depuis 2018, et qui oscillerait cette fois-ci entre 1 et 2%. C’est du moins ce que prédit le cabinet de conseil en stratégie Facts & Figures.

Cette hausse de prix quelque peu généralisée serait attribuée aux nombres de sinistres (incidents routiers, cambriolages, incendies et autres dégâts) quoique ceux-ci n’aient augmenté qu’imperceptiblement, voire a régressé sur dix ans. Ce sont les coûts de réparation qui ont, en revanche, explosé.

Quoi qu’il en soit, les assurés ont depuis quatre ans plus de liberté dans leur choix étant donné que la loi Hamon leur permet de faire jouer davantage la concurrence.


Une hausse déjà observée durant deux ans

2020 sera une année de plus marquée par l’augmentation des coûts de couvertures. Certes, la Banque de France a déjà prévu une inflation, tournant autour de 1,3 et 1,4% auquel s’est jointe la prévision de Facts & Figures, mais à quelques majorations près.

En effet, l’étude menée par le cabinet, et parue le 25 septembre dernier, révèle une hausse de 1 à 2% en moyenne de l’assurance habitation et celle de l’auto.

Et il faut dire que ce rythme exponentiel allait être enregistré en trois ans consécutifs (de 2018 à 2020). À savoir, les contrats MRH (multirisque habitation) ont vu leurs cotisations s’accroître de 0 à 5% l’année dernière, pour une moyenne de 1 à 2%.

Force est néanmoins d’admettre que les assureurs se doivent de contenir cette expansion compte tenu du marché fortement concurrentiel, qui plus est renforcé depuis l’application du dispositif Hamon en 2015.

Ceci autorisant la rupture à tout moment d’un contrat en cas d’augmentation abusive des primes de la part des pourvoyeurs d’assurances et besoin d’obtenir de meilleures offres.

À Cyrille Chartier Kastler d’analyser la stratégie commerciale de ces établissements :

« L’Automobile est un marché “de prix” qui sert à conquérir de nouveaux clients. Tout l’enjeu pour les acteurs du marché est d’être à même d’afficher des tarifs attractifs pour capter des clients et essayer ensuite de les multiéquiper sur les autres risques : deuxième véhicule du foyer, multirisque habitation, garantie des accidents de la vie… »

Différents facteurs à prendre en compte

Les événements climatiques sont les facteurs les plus évoqués par les assureurs pour justifier leur hausse de prix. En 2018, ce contexte a déjà été relevé. Et ils ont été d’autant plus marquants l’année dernière, ne serait-ce que de citer l’ouragan Irma ayant violemment touché deux départements d’outre-mer, dont la Martinique et la Guadeloupe. Sans oublier la sécheresse et les nombreuses inondations qu’a essuyées la France métropolitaine.


Cette année-ci, la fréquence des sinistres n’a que très légèrement augmenté. Parmi les garanties proposées en assurance de logement, les cambriolages se démarquent des catastrophes naturelles, dégâts des eaux, incendies et responsabilités civiles par une hausse de 5 à 10%.

Sur une période décennale, l’on a même observé une nette baisse, allant même jusqu’à 20% pour certains sinistres.

Pour ce qui est du nombre d’accidents corporels couverts par l’assurance voiture, celui-ci n’a évolué que de 0,9% sur un an (chiffre au mois d’août 2019). Sur dix ans, leur fréquence a régressé de 12% avec une baisse significative, de 23%, pour les accidents matériels.

En revanche, c'est le coût des sinistres qui a nettement rebondi, à savoir :

  • De 3% en moyenne sur six ans pour les dégâts immobiliers ; 
  • De 5% par an en moyenne pour les dommages corporels causés par des accidents de voiture (+50% sur huit ans) 
  • De 4,8% en moyenne pour la réparation du véhicule à raison de 2,4% d’augmentation pour les prix de main d’œuvre, de 3,4% pour la peinture et de 6,3% pour les pièces de rechange.