En Île-de-France, les marchands de sommeil profitent de la rareté de l’offre en matière de logement pour développer leur business. En effet, nombre de candidats à la location consentent à se loger dans des conditions dégradées. D’après les derniers chiffres enregistrés par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région, 157 000 logements y sont jugés indignes.

La loi du 6 juillet 1989 oblige tout bailleur à mettre à la disposition du locataire un logement décent. Or, 4 % des logements du parc privé francilien ne se conforment pas à ce texte. En effet, le dernier rapport de l'Institut d'aménagement et d'urbanisme (IAU) d'Île-de-France estime à 157 000 le nombre de logements indignes dans cette région.

Non couvertes par une assurance habitation, la plupart de ces habitations insalubres sont proposées à des prix supérieurs, ou du moins équivalents, aux tarifs d'une location décente normale sur le marché. Comment se présente réellement la situation dans la région ?

Des mesures concrètes en Seine-Saint-Denis

En Île-de-France, le département de Seine-Saint-Denis est le plus frappé par cette situation. Les logements potentiellement indignes constituent 7 % de son parc privé, ce qui équivaut à 28 500 habitations. Dans certaines villes, le taux est même égal, voire supérieur à 20 %. Tel est notamment le cas à Saint-Ouen, à Saint-Denis et à Aubervilliers.


En vue de redresser la situation immobilière à Saint-Denis, des programmes ont été mis en œuvre afin de requalifier ses anciens quartiers dégradés. De 2011 à 2017, 293 logements insalubres ont été identifiés dans la commune. En parallèle, des travaux de réhabilitation et de reconstruction ont été effectués au niveau de 601 logements ainsi que sur des commerces et des équipements situés en centre-ville.

En janvier dernier, des mesures ont été prises à l'encontre des propriétaires d'un entrepôt localisé à Aubervilliers. Ils louaient celui pour près de 600 euros mensuels à une dizaine d'individus, dont la plupart étaient sans-papiers. Certains locataires disposaient de moins de 9 m² de surface habitable. L'entrepôt de 480 m² ne comportait par ailleurs pas de fenêtres et n'était pas non plus chauffé.

Ses propriétaires ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Bobigny à indemniser le préjudice d'image à la commune et le préjudice matériel, d'une valeur respective de 1 500 et de 11 600 euros.

Aucun département épargné en Île-de-France

L'ensemble des départements franciliens sont touchés par le phénomène de logements indignes. Cela dit, Paris est celui qui recense le plus d'habitations privées potentiellement insalubres dans la région. En 2013, leur nombre était supérieur à 61 000.


Dans certains cas, les logements sont suroccupés, ce qui accélère leur dégradation. Dans d'autres, des locaux ont été détournés de leur destination initiale pour servir d'habitation. La présence de plomb dans la peinture des murs caractérise aussi les logements indignes. En dépit de ces conditions précaires, certains loyers peuvent avoisiner les 50 euros au mètre carré.

Pour remédier à cette situation, le gouvernement a établi un nouveau plan. Par exemple, le ministre du Logement, Julien Denormandie, s'est rendu à Mantes-la-Jolie (Yvelines) en décembre dernier pour ratifier le programme de requalification de copropriétés dégradées dans le Val-Fourré. Il s'agit de la troisième opération de ce type en Île-de-France.

Dans le détail, l'établissement public foncier de la région, constitué par des représentants des collectivités, de la région et de l'État, a désormais la possibilité d'acquérir certains des logements dégradés. De cette manière, il peut remplacer les propriétaires défaillants.