Avec la hausse des loyers, les individus de classe moyenne peinent à se loger dans les grandes villes. Pour certains ménages, les prix sur le marché sont particulièrement élevés alors que leurs revenus ne sont pas assez bas pour habiter en HLM. Ainsi, depuis 2014, un nouveau concept est apparu pour y remédier : le logement intermédiaire.

Les dépenses liées au logement pèsent lourd dans le budget des ménages, étant donné l’augmentation incessante des loyers. Des millions de personnes sont affectées par cette situation en France. Le groupe ALILA a commandé à Elabe une étude sur le sujet.

Les résultats ont été publiés il y a quelques semaines. Ils révèlent notamment que pour 60 % des locataires, le loyer représente au moins un tiers des dépenses, sans aborder l’assurance habitation.

En vertu de la loi Elan, il a été prévu de construire en leur faveur des logements intermédiaires. Seulement, les objectifs fixés en la matière restent facultatifs. Cette solution n’a pas été, jusque-là, suffisamment exploitée.

Davantage de logements intermédiaires doivent être construits

Le CEO du groupe ALILA, Hervé Legros, sensibilise à la construction de logements intermédiaires afin que tous les ménages puissent bénéficier d’un toit de qualité. Il propose notamment l’instauration de mesures d’incitation qui exigeront le respect d’un certain quota lors de la réalisation des programmes de construction.


Il vise 20 % de logements intermédiaires dans les programmes immobiliers qui seront lancés dans les métropoles. Par exemple, sur les 5 500 logements bâtis en 2018 à Rennes, il devait en ressortir 1 100 logements intermédiaires. Ainsi, près de 3 000 personnes issues de la classe moyenne pourront prétendre à un logement abordable dans la ville. Pour l’heure, 10 % des logements sociaux édifiés dans l’Hexagone sont intermédiaires.

Or, de nombreux ménages habitant dans quelques dizaines de villes ont en besoin. Encore faut-il qu’ils connaissent leur existence, car la majorité de la population n’en est pas informée, comme l’accorde Benoist Apparu. Dirigeant la filiale du groupe Action Logement, il a participé à l’instauration du nouveau modèle de logement.

Des mesures incitant à la construction inspirées de la loi SRU

Il y a six ans, il a été envisagé de construire 80 000 logements tous les ans, dans le cadre de la loi Elan. Depuis, l’objectif n’a pas été encore atteint sur le terrain, constate Hervé Legros. Comme il tarde à être réalisé, le PDG du groupe ALILA en est venu à la conclusion qu’une réalisation efficace du projet de construction doit passer par des mécanismes autres que les simples incitations.

Hervé Legros recommande ainsi de s’inspirer des expériences antérieures. Il fait notamment référence à la loi du 13 décembre 2000 portant sur la solidarité et le renouvellement urbain (SRU). Cette dernière a apporté des résultats positifs dans l’ensemble en favorisant une certaine mixité sur le territoire national.

D’après la loi SRU, les communes doivent inclure dans leur programme la construction d'au moins 20 % de logements sociaux. En cas de manquement à cette obligation, elles seront pénalisées à hauteur du nombre de logements manquants.