Depuis quelques années, le logement étudiant traverse une période de crise particulièrement grave. Une récente enquête Ifop a permis de constater les différents problèmes rencontrés par les étudiants durant leur cursus universitaire. Leur mobilité est notamment limitée par le manque de moyens financiers de leur famille. De nombreux jeunes sont ainsi contraints de poursuivre leurs études dans leur région.

Avant de penser à souscrire une assurance habitation étudiant, il faut avant tout trouver un logement répondant aux besoins et aux contraintes financières des jeunes. Pourtant, le nombre de demandes dépasse de loin les offres disponibles sur le marché. De ce fait, les prix tendent à augmenter, accentuant encore plus la détresse des étudiants.

Les pouvoirs publics ont récemment été alertés par rapport à la gravité de la précarité des jeunes. D’ailleurs, en novembre dernier, un étudiant lyonnais s’est immolé après la suppression de sa bourse. Ce geste désespéré cristallise la situation vécue par cette population. Depuis, de nombreux étudiants ont manifesté contre le coût de la vie.

Un écart significatif entre les jeunes ruraux et urbains

L’Ifop a réalisé un sondage pour l’association Chemins d’avenirs et la Fondation Jean-Jaurès. Cette étude a notamment mis en avant un important écart entre les jeunes venant de milieux ruraux et ceux issus des grandes agglomérations.


Ces derniers sont généralement privilégiés en raison de la proximité de leur domicile avec les universités. Les ruraux, en revanche, se retrouvent handicapés par la distance et le manque de moyens financiers.

Salomé Berlioux, coautrice de l’étude et présidente de Chemins d’avenirs, note :

« La question de bouger va se poser pour les jeunes ruraux à l’heure de faire leur choix d’orientation, à 15 ou à 18 ans. Alors que les jeunes urbains pourront rester chez leurs parents au moment de leurs études supérieures. »

Comme les ruraux, les jeunes des petites villes tendent également à pratiquer l’autocensure pour éviter les universités trop éloignées de chez eux. De plus, au-delà des problèmes financiers, ils ont souvent peur de vivre dans un autre territoire. L’écart entre les jeunes des grandes villes et des milieux ruraux continue donc de se creuser. Pourtant, la situation risque encore de s’aggraver.

En effet, en décembre dernier, le Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) de Limoges a fermé 200 logements étudiants au sein de la résidence Saint-Martial. Après 25 ans dans ces locaux, l’organisme a mis fin au bail en raison de la cherté des loyers.

Selon les spécialistes, la réforme des APL (aides personnalisées au logement) devrait contribuer à résoudre le problème des logements étudiants. Toutefois, cette mesure prévue au départ pour le 1er janvier 2020 a été reportée au 1er avril prochain par le gouvernement.

Un facteur influant sur le choix de cursus des étudiants

La vie d’un étudiant est notamment caractérisée par le manque de moyens. D’ailleurs, très peu de jeunes sont financièrement stables durant leurs études. Tous les autres doivent gérer au mieux leur budget eu égard à leurs principaux postes de dépenses, à savoir l’assurance et le logement.


En général, pour pouvoir continuer leurs études, les jeunes sont obligés de trouver une solution en matière d’hébergement. Les défis qu’ils doivent relever ont été révélés dans l’étude Ifop publiée en novembre dernier. Ce sondage s’est particulièrement focalisé sur le choix d’orientation et le rapport des étudiants à l’avenir.

Les résultats indiquent que 48 % des familles ne disposent pas des ressources nécessaires pour financer le logement de leurs enfants en dehors de leur région d’origine. Le problème vient notamment des loyers élevés dans les grandes villes. Le phénomène est par ailleurs accentué par la disparité financière entre les étudiants issus de milieux ruraux ou urbains.

D’après l’étude, 46 % des jeunes interrogés vivant en centre-ville estiment qu’ils ne devraient pas rencontrer de difficultés en matière de logement. Cette part s’élève à 56 % pour les individus venant de zones rurales. 31 % des sondés ont également déjà renoncé à un cursus en raison de la distance de l’établissement avec leur maison.

52 % des participants tiennent compte de l’emplacement du domicile familial dans le choix de leur orientation. Cela dit, 66 % des jeunes questionnés considèrent ne pas être assez informés en matière d’orientation. Enfin, 49 % des sondés affirment avoir regretté le cursus qu’ils ont choisi.