Le deuxième confinement imposé à travers la France devrait peser un peu plus sur son économie. Alors que la trêve hivernale a commencé, L’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL) redoute une envolée des impayés de loyers par rapport à l’année dernière, entraîne une crise sur le secteur.

Une vague d'impayés de loyers redoutée par les acteurs de l'immobilier

Redoutant les conséquences de la pandémie, l'ANIL a créé au printemps un baromètre des consultations sur les loyers impayés. Louis Du Merle, qui est à la tête du pôle juridique, annonce également « la création d'un point de vigilance sur les loyers impayés », leur évolution étant surveillée par une cellule de veille intergouvernementale.

Selon Pierre Madec,

L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) n'a pas observé de hausse de tels incidents pendant le confinement de mars-avril.

Mais avec la dégradation de la situation économique, ce spécialiste du logement, tout comme les acteurs de terrain, redoute un afflux de défauts de paiements au cours des prochains mois.


L'économiste évoque l'augmentation du chômage, mais aussi les destructions d'emploi d'auto-entrepreneurs, d'indépendants qui n'ont pas droit à des indemnités. Il anticipe par conséquent de graves difficultés financières pour des millions de personnes, avec un impact sur le paiement des loyers.

Et l'assurance habitation obligatoire du locataire ne prend malheureusement pas cet aspect en charge, mais uniquement les dommages matériels, les cambriolages, le vandalisme et en fonction des garanties souscrites, les frais de procédure judiciaire en cas de litige avec un tiers.

Risque de tensions accrues pour l'ensemble du marché

Depuis le 1er novembre, la trêve hivernale, qui interdit les expulsions de leur domicile des mauvais payeurs, soulage nombre de locataires. En revanche, elle pénalise les propriétaires, qui pour la plupart, sont eux-mêmes des particuliers avec des charges.

D'ailleurs, ils sont de plus en plus nombreux à se retrouver dans l'incapacité de rembourser leur crédit immobilier.

Pour Pierre Madec, « une garantie universelle des loyers serait la solution » d'autant que les professionnels se préparent à un durcissement des conditions imposées par les bailleurs publics ou privés en matière de garanties. Ces derniers pourraient en effet de ne plus se contenter d'un CDI, car même ce type de contrat ne protège pas d'une perte d'emploi.

Ces contraintes supplémentaires risquent d'accroître les tensions sur le marché immobilier à travers la France.

La fondation abbé Pierre prévient que

Son fonds d'aide pour les impayés et les dispositifs de l'État ne suffiront pas à répondre à tous les besoins

Action Logement accorde en effet une aide exceptionnelle spéciale pour les locataires, à laquelle s'ajoute une aide de solidarité aux ménages les plus modestes.