100 000 Marseillais vivent dans des logements indignes, selon un rapport du ministère du Logement datant de 2015. En général, les bâtiments considérés comme tels sont soit insalubres, soit carrément dangereux. Cette dernière situation a d’ailleurs fini par entraîner la mort de 8 personnes le 5 novembre 2018, lors de l’effondrement de deux immeubles sis rue d’Aubagne.

En raison de leurs conditions de vie, les occupants des habitats indignes ne sont pas vraiment en mesure de se soucier d'une éventuelle assurance habitation. Ils s'exposent en effet à des risques sanitaires et à des dangers non négligeables au quotidien. La tragédie de la rue d'Aubagne explique en partie les inquiétudes des Marseillais par rapport à ce phénomène.

Le collectif du 5 novembre a été créé pour attirer l'attention sur cette problématique. Malheureusement, le sujet est toujours d'actualité à Marseille. Ainsi, depuis le drame en 2018, le collectif organise régulièrement des manifestations pour rendre hommage aux victimes et dénoncer l'inefficacité des actions entreprises par les pouvoirs publics.

Des initiatives pour lutter contre l'habitat indigne

En novembre dernier, le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées (HCLPD) a soumis à l'exécutif un rapport présentant les différentes actions envisageables pour lutter contre les habitats indignes à Marseille.


L'entité a notamment proposé la création d'une société publique d'aménagement pour traiter le cas des 4 000 logements insalubres ou en péril recensés dans la cité phocéenne.

Comme l'explique le responsable du service presse Métropole de la ville, Stéphane Gireau :

Tout un travail a été fait avec l'ensemble des partenaires pour mettre fin aux « marchands de sommeil ». Une nouvelle société de réaménagement du centre-ville va voir le jour.

Les associations locales s'inquiètent toutefois du rôle trop important joué par la Métropole au sein de cette société. Selon un membre du collectif 5 novembre, elle détiendra 59 % de la structure, contre 35 % pour l'État et 6 % pour la ville. Les habitants redoutent ainsi la mise en place d'une société publique qui ne prendra pas la peine de les consulter ou même de les écouter.

En février 2019, les autorités ont aussi lancé une initiative encourageant la participation citoyenne dans la lutte contre l'habitat indigne et dégradé. Le programme y afférent a bénéficié d'un financement à hauteur de 25 millions d'euros au total.

Le mal-logement continue de sévir à Marseille

Suite aux évènements de la rue d'Aubagne, Marseille a émis des décrets visant 230 bâtiments situés en centre-ville et impliquant l'évacuation de 2 000 personnes. Ces ménages ont été relogés dans des hébergements d'urgence. Plus d'un an après le drame, des centaines de familles vivent encore dans des hôtels. Le HCLPD évoque d'ailleurs une véritable crise humanitaire.


Les enquêtes sur le drame se sont traduites par des perquisitions au sein de la mairie et au siège de Marseille Habitat. Le bailleur social était en effet le propriétaire d'un des bâtiments effondrés. Selon le parquet de Marseille, ces perquisitions visaient à découvrir les éléments à l'origine de l'effondrement et à déterminer d'éventuelles responsabilités. Cependant, l'issue de l'affaire tend à s'éterniser.

Le collectif du 5 novembre a organisé des marches blanches en hommage aux victimes tout au long de l'année 2019. Entre-temps, les manifestations se sont transformées en « marche de la colère » pour dénoncer le phénomène de mal-logement à Marseille. Le rassemblement datant du 10 novembre dernier a compté des milliers de participants (6 700 selon la police et 20 000 d'après le collectif).