La Cité phocéenne fait incontestablement partie des villes les plus attractives de France. Et pourtant, elle abrite encore des dizaines de milliers de logements insalubres, impropres à l’habitation. Le drame survenu en novembre 2018 du côté de la rue d’Aubagne avait provoqué la décision des autorités à lancer des rénovations. Mais ces dernières semblent, aujourd’hui, au point mort.

100 000 personnes habitent dans des logements indignes

Le constat est alarmant : plus de 100 000 Marseillais vivent dans des logements indignes. En 2019, soit quelques mois après l'effondrement de deux immeubles du côté de la rue d'Aubagne, les autorités locales ont décidé, avec le soutien du gouvernement, de lancer un vaste programme de réhabilitation du parc immobilier urbain dans la cité phocéenne.

Pour ce programme, un budget total de 600 millions d'euros a été débloqué afin de permettre à la métropole Marseille-Aix-Provence de rénover ces résidences non conformes et non habitables.

Mais la bonne volonté du gouvernement semble s'être essoufflée au fur et à mesure que le temps passait. À l'heure actuelle, le chantier situé rue d'Aubagne est à l'arrêt, une interruption qui date d'avant le confinement.


Pour l'instant, l'organisme chargé de la rénovation, à savoir l'Établissement public foncier, n'a acquis que trois quarts des logements concernés. Et avec la crise, les échéances fixées au début pour la réalisation des travaux pourraient encore être repoussées. Un professionnel du secteur évoque même l'éventualité d'un report de la fin du chantier de quelques années.

Construire la ville du futur, mais garder une touche d'authenticité

Le projet de réhabilitation de Marseille-Aix-Provence, qui sera également bénéfique au marché immobilier ainsi qu'à celui de l'assurance habitation, affiche des ambitions très élevées. Celui-ci prévoit la construction d'un parc immobilier haut de gamme, doté de ce qui se fait de mieux en matière d'éléments d'équipement et de confort.

Pour autant, les instigateurs du projet ne souhaitent pas transformer le centre-ville populaire de Marseille en quartier de « bobo » ou encore créer une réplique de l'Euroméditerranée. Au contraire, l'enjeu est de réhabiliter les bâtiments en y intégrant des installations modernes, mais en faisant attention à préserver leur cachet patrimonial.

Les bailleurs doivent obtenir le permis de louer

À Marseille, de nombreux immeubles insalubres continuent d'être occupés. Il faut pourtant savoir que dans le cadre de la loi Alur, les propriétaires qui souhaitent mettre en location un logement situé dans une zone d'habitat indigne doivent obtenir une autorisation préalable.

Le bien fait alors l'objet d'une inspection minutieuse. Dans le cas où il est jugé impropre à la location, le bailleur est contraint d'entreprendre des travaux de rénovation.